《收获与播种》第三部分注释:D — 被埋葬者们
Note 426
(Février 1985) J’ai eu connaissance en tout de sept ou huit (courtes) publications, en dehors de mon université, présentant (de façon résumée) un travail fait avec moi et inspiré par moi, depuis que je suis à Montpellier. Mon nom est absent de toutes.
Note 427
(2 septembre) De façons différentes de l’un à l’autre, chacun d’eux à quelque moment a fini par intérioriser et par reprendre à son compte le dédain vis-à-vis de son travail, à acquiescer au consensus qui escamote ce travail ou le classe comme « sans intérêt ».
Note 428
Au niveau « pratique » d’une promotion ou d’une accession à un poste et à un statut, le bilan de mon activité enseignante depuis 1970 se réduit, en tout et pour tout, à deux accessions à un poste avec statut à la clef, une fois de maître-assistant et une autre fois d’assistant. Par une étrange ironie, les deux fois, cette accession a été le signal d’un arrêt soudain et radical de toute activité de recherche chez l’intéressé.
Note 429
À part l’Introduction (6) (L’Enterrement), il est question de Mebkhout dans les notes « Mes orphelins », « L’inconnu de service et le théorème du bon Dieu », « L’Iniquité — ou le sens d’un retour », « La perversité », « Rencontres d’outre-tombe », « La victime — ou les deux silences », « Le pavé et le beau monde », « Thèse à crédit et assurance tous risques » (notes nos 46, 48’, 75, 76, 78, 78’, 80, 81).
Note 430
Légion sont ceux qui ont fait office de fossoyeurs dans cet enterrement-là, auquel a participé pratiquement le colloque de Luminy (juin 1981) tout entier. À part mes élèves cohomologistes (voir à ce sujet la note « Mes élèves (2) : la solidarité », no 85), ceux dont la bonne foi professionnelle est ici directement et gravement en cause et dont j’ai connaissance sont J.-L. Verdier, B. Teissier, P. Deligne, A. A. Beilinson, J. Bernstein.
Note 431
Bien entendu, Zoghman Mebkhout n’est pas plus idiot que moi et il est suffisamment dans le coup pour avoir une idée précise sur l’œuvre de chacun de mes élèves cohomologistes, et pour se rendre compte de sa portée comme de ses limites, sans aucune propension à l’idéaliser. Cela n’empêche que des inhibitions d’une puissance considérable l’ont retenu pour avoir même l’idée qu’il puisse mettre publiquement en cause aucun d’eux, même là où la malveillance est patente.
Note 432
L’énoncé « analogue » dans le cas non orienté est faux — décidément il s’agit d’un résultat délicat, « découpé » soigneusement dans un ensemble d’hypothèses-conclusions tout aussi « plausibles » mais néanmoins faux ! Pour d’autres commentaires sur le travail de Ladegaillerie, voir Esquisse d’un programme, notamment le début du § 3.
Note 433
Je ne connais pas Eckmann personnellement, et ma correspondance pour faire publier la thèse d’Yves par les Lecture Notes s’est faite avec le Dr Peters, en charge des LN chez Springer. Je pense que par une quinzaine de volumes des LN qui ont été publiés par moi (SGA notamment) ou par des élèves (thèses) dans les années 1960, j’ai été parmi ceux qui ont contribué par leur caution au crédit et au succès sans précédent de cette série encore à ses débuts. La raison donnée pour refuser le travail que je recommandais (qu’ils ne publiaient pas des thèses) était une plaisanterie. Ma première expérience du New Look en matière de correspondance date aussi de cet épisode : avec un ensemble vraiment impressionnant, A. Campo, B. Mazur, V. Poenaru et le Dr Peters se sont abstenus de m’honorer d’une réponse à une deuxième lettre, quand naïvement (j’ai la comprenette lente…) je revenais à la charge, après leur réponse réticente qui montrait qu’ils n’avaient pas pris la peine de prendre connaissance des résultats exposés dans l’introduction au travail de Ladegaillerie.
Note 434
Je ne suis pas sûr de l’avoir rencontrée chez d’autres mathématiciens, sauf chez Pierre Cartier (qui m’avait beaucoup impressionné dans son jeune âge par cette capacité remarquable) et chez Olivier Leroy, dont il sera question dans la note suivante.
Note 435
(7 juin) Vérification faite, ça a été jusqu’en février 1978.
Note 436
C’est un long travail (que je n’ai pas lu) où il développe avec soin des idées où je ne suis pour rien, donnant entre autres une résolution des singularités explicite de tous les cycles du type « Schubert » — chose que personne n’a su faire avant lui. Pour une fois qu’il a fait une rédaction en forme, il s’est vu reprocher qu’elle était trop détaillée (sans compter que ses énoncés étaient trop généraux…) ! Pour ma part, si j’ai une critique à faire, elle irait en sens opposé : alors que Contou-Carrère affirme que ses méthodes doivent s’appliquer à tous les types de groupes semi-simples et de cycles de Schubert, il n’a fait le travail que dans le cas du groupe linéaire général — donc il n’a pas été jusqu’au bout du travail qui est à faire sur la question précise : description des résolutions des singularités équivariantes des cycles de Schubert universels, etdes lieux singuliers desdits cycles de Schubert. Cette lacune me semble comme un héritage de ce « blocage » contre le travail sur pièces et contre l’écriture, qui avait été pendant longtemps son principal handicap.
Note 437
Contou-Carrère avait pourtant pris les devants et ne soufflait mot dans sa note de ma personne, qui lui avait fourni le programme de départ. Ça a été peine perdue — il avait beau y ajouter du sien, il y a un « style » qui ne trompe pas, attaché, qu’on le veuille ou non, à certains thèmes, qu’il vaut mieux éviter si on veut faire carrière dans les maths aujourd’hui. (7 juin) Renseignements pris auprès de l’intéressé, je constate que je fais confusion ici de deux épisodes différents autour du travail de Contou-Carrère sur les jacobiennes. Voir la note suivante (no 95) pour des précisions, et des références précises.
Note 438
Je n’ai pas à me plaindre, puisque cinq ou six ans plus tard, à l’occasion du jubilé des vingt-cinq ans de l’IHES l’an dernier, on m’a bel et bien fait l’honneur, à moi, d’une invitation, et même on m’a donné le choix entre la réception solennelle avec discours du ministre, ou un séjour ultérieur d’une semaine à l’IHES, et tous frais payés encore (m’a-t-on bien assuré). J’ai dit à mon vieil ami Nico Kuiper que c’était très gentil d’avoir pensé à moi comme ça, mais que je ne voyageais plus à mon âge…
Note 439
L’année d’avant, Contou-Carrère avait été candidat à un poste de professeur à Rennes, où il connaissait Berthelot et Larry Breen. Sa candidature a été considérée comme recevable alors par le CCU ; mais le poste a été attribué à un autre candidat. Personne n’a pris la peine d’avertir l’intéressé que s’il voulait avoir une chance d’avoir un poste, il lui faudrait publier des démonstrations détaillées des résultats qu’il annonçait. Le désaveu par le CCU l’année suivante est venu comme une surprise totale aussi bien pour Contou-Carrère que pour ses collègues de Perpignan et pour moi. Avec le recul et à la lumière de la présente réflexion, je doute d’ailleurs que la situation soit vraiment changée avec la rédaction de sa thèse (d’ores et déjà déclarée « impubliable » telle quelle) et sa soutenance, et qu’il ait une chance de trouver un poste de professeur en France.
Note 440
Voir à ce sujet la section 24, « Mes adieux — ou les étrangers ».
Note 441
J’ai pris conscience de cette angoisse seulement au cours d’une longue période de méditation l’année d’après, où j’ai découvert le rôle de l’angoisse dans ma vie, dont la présence (chronique jusqu’en 1976, et occasionnelle après 1976) avait été « le secret le mieux gardé du monde » pendant toute ma vie. Il y a eu des mécanismes d’une grande efficacité qui escamotaient tous les signes généralement reconnus de l’angoisse, laquelle restait ignorée aussi bien de moi-même que de mes proches.
Note 442
J’ai été découragé de le publier par ceux-là mêmes pour qui je m’apprêtais à partir en guerre, à qui j’avais eu le bon sens de montrer mon texte avant toute tentative de le rendre public.
Note 443
Voir à ce sujet « Le patron trouble-fête — ou la marmite à pression », s. 43.
Note 444
Au sujet d’un certain rôle de connivence que j’ai souvent joué dans ce genre de situation avec certains de mes élèves, voir la note « L’ambiguïté », no 63”.
Note 445
Toute cette cachotterie est d’autant plus insolite que j’étais sûrement, avec Contou-Carrère, la seule personne dans tout le Languedoc à pouvoir comprendre quoi que ce soit au travail qu’avait fait Olivier Leroy. Inutile de dire que je n’ai jamais eu entre les mains non plus le projet de note aux CRAS de Leroy. Peut-être que je me fais des illusions, mais il me semble que si je n’avais été mis à l’écart de façon si draconienne qu’il m’était pratiquement impossible d’intervenir, j’aurais trouvé moyen quand même de faire publier cette malheureuse note, en passant par Cartan ou par Serre s’il le fallait, qui ne sont pas branchés, mais qui m’auraient bien fait confiance si je leur garantissais le sérieux du travail. (7 juin) J’ai dû apprendre longtemps après que Leroy avait passé sa thèse, et être trop occupé de mon côté pour songer à me demander alors comment il se faisait que je n’en avais pas même été informé. Ça a fait « tilt » seulement après la soutenance de thèse de Contou-Carrère lui-même, dont je suis censé avoir été le directeur de thèse*. Il a trouvé moyen pour que, seul parmi les membres du jury, je n’aie pas droit à l’exemplaire définitif et officiel de sa thèse ! Je viens finalement d’en recevoir un exemplaire aujourd’hui même — il avait pensé (écrit-il) que ça « ne m’intéressait pas » d’en avoir un… * Plus précisément, pendant un an ou deux C.-C. avait prudemment joué sur deux « directeurs » à la fois (on ne savait jamais…), chacun des deux ignorant l’existence d’un directeur « parallèle ». J’ai été informé du rôle de directeur de Verdier in extremis, quand C.-C. s’est finalement rabattu sur moi au printemps 1983, quand il devenait clair que Verdier décidément voulait quand même sa peau !
Note 446
Un signe éloquent de ce « gros trait » : dans le dossier de candidature d’Olivier Leroy à un poste d’assistant à Montpellier, présenté lors d’une vacance il y a deux ans, Leroy ne mentionne ni le titre de sa thèse de troisième cycle, ni le nom de Contou-Carrère qui avait été son patron, Il ne fait d’ailleurs mention d’aucun travail personnel quel qu’il soit. Visiblement, il n’était pas décidé alors s’il voulait ce poste ou non — ce qui fait que, malgré ses dons impressionnants, ce poste a été attribué à un autre candidat, qui avait un dossier solide et pour qui il n’y avait aucun doute sur ses intentions.
Note 447
Coïncidence intéressante, j’ai eu écho tout dernièrement que Cartier avait eu l’attention de me dédier un de ses exposés Bourbaki (c’est la première fois je crois qu’une telle chose m’arrive), et que de plus, cet exposé était consacré justement à la théorie des topos — ces mêmes topos jugés par ce même Cartier indignes de figurer dans une note aux CRAS. Signe d’un changement du vent de la mode en ces toutes dernières années ? Sûrement pas, et tout se tient, encore : l’exposé en question concernait l’usage des topos en logique ! La touchante dédicace de mon ami Cartier me semble bien de la même veine que l’Éloge Funèbre prononcé l’an dernier en une grande occasion (voir la note « L’Éloge Funèbre — ou les compliments », no 104), où le mot « topos » est prononcé (parmi d’autres compliments bien envoyés) pour s’empresser d’ajouter aussitôt (comme unique et éloquent commentaire) qu’ils sont « aujourd’hui utilisés en logique » — et nulle part ailleurs, est-il besoin de le dire, aussi longtemps du moins que mes amis prodigues de compliments peuvent l’empêcher, par le pouvoir qui est entre leurs mains… (Référence de l’exposé de Cartier : « Catégories, logiques et faisceaux, modèles de la théorie des ensembles », séminaire Bourbaki no 513, fév. 1978). Je sens, dans l’attitude de condescendance (et de boycott…) de certains (tels Deligne, Cartier, Quillen, parmi ceux qui donnent le ton…), vis-à-vis de notions novatrices et profondes comme celle de topos en géométrie, une outrecuidancephénoménale. À supposer même qu’un seul de ceux-là ait l’étoffe (ou l’innocence…) pour tirer du néant, comme je l’ai fait par l’introduction des topos étales et cristallins, une nouvelle vision topologique des variétés algébriques (et partant de là, les moyens d’un renouvellement profond de la géométrie algébrique et de l’arithmétique, en attendant la topologie) — nul doute que cette attitude même de mépris qu’il se plaît à cultiver en lui-même et à susciter en autrui, désamorce ce pouvoir de vision et de renouvellement, pour le seul bénéfice d’une fatuité.
Note 448
J’ai par exemple eu de telles réticences pour inclure une note (la note no 19) dans laquelle il serait fait mention nommément de tous les élèves qui ont préparé une thèse de doctorat d’État avec moi et l’ont menée à terme. Cette hésitation en moi a dû venir de la réticence chez beaucoup de mes élèves à se voir associé à ma personne, réticence que j’ai dû percevoir à un niveau informulé depuis quelques années déjà. Les seuls parmi mes anciens élèves (avec ou sans guillemets) où la volonté de se démarquer de ma personne avait été alors clairement perçue par moi, ont été Contou-Carrère (chez qui je venais seulement de le découvrir), et Deligne (où la chose était assez claire déjà depuis 1968, sans que je soupçonne cependant jusqu’où cette volonté allait le mener). Dans le cas de Deligne, ma réticence à le nommer comme ayant fait figure « peu ou prou » d’élève a été particulièrement forte, ne voulant pas avoir l’air de me prévaloir d’un « élève » aussi brillant, alors que lui-même ne tenait pas à rien laisser paraître de ce lien qui le liait à ma personne et à mon œuvre. Ma réflexion m’a fait comprendre d’ailleurs que ce lien avait pris dans la vie et l’œuvre de mon jeune ami une portée infiniment plus grande que je ne l’avais jamais soupçonné. (1er juin) Voir au sujet de ces propos délibérés en moi la note du 27 mars (trois jours après) « L’être à part » (no 67’).
Note 449
Je n’ai eu connaissance de ce que je considère comme des actes de malveillance sans équivoque que dans les seuls cas de Deligne et de Verdier.
Note 450
Ces attitudes de rejet, bien entendu, ne se présentent jamais comme telles, même dans des cas extrêmes comme ceux de mon ami Deligne, ou de Verdier. Elles sont quasiment invisibles au niveau des dispositions conscientes à mon égard, lesquelles (comme j’ai eu l’occasion déjà de le dire) sont presque toujours (peut-être même toujours), chez mes amis et élèves d’antan, des dispositions de sympathie (dont parfois tel d’entre eux essaye tant bien que mal de se défendre) et de respect. De telles dispositions de sympathie et de respect sont présentes, non seulement au niveau superficiel des « opinions » conscientes, mais même au niveau plus profond de l’attirance (ou de la répulsion) réelle, et de la connaissance réelle que l’on a d’autrui (indépendamment des images dans lesquelles on s’efforce de l’enfermer). Nous sommes ici dans une situation typique d’ambivalence(collective, je serais presque tenté de dire) où, à vue d’œil, on ne « voit » rien ! (Comparer avec la réflexion dans « Le Père ennemi (1), (2) » (sections 29, 30), où pour la première fois dans Récoltes et semailles j’aborde cet aspect ambivalent qui a marqué beaucoup de relations dans ma vie, et non seulement dans le milieu mathématique.) Pourtant, au niveau des manifestations concrètes (abondamment examinées dans l’« Enterrement »), la « résultante » de ces forces ambivalentes n’a plus rien d’ambivalent, m’a-t-il semblé, mais elle se présente bel et bien, avec « une uniformité déroutante et une efficacité sans failles », comme l’« attitude de rejet automatique » que je m’apprête à examiner de plus près.
Note 451
Une telle façon de voir et ressentir les choses s’est exprimée de façon particulièrement éloquente chez mon ami Zoghman Mebkhout. C’est par cette désertion que je suis responsable de ses déboires avec le grand monde mathématique, lui seul s’étant trouvé démuni de la « protection » et de l’appui qu’avaient trouvé naguère auprès de moi ceux-là qui aujourd’hui se plaisent à le traiter en traîne-savates.
Note 452
(26 mai) Je viens d’apprendre aujourd’hui même, par un coup de fil de Zoghman Mebkhout, que mes collègues du Comité national au CNRS ont fait un effort pour moi, en me ménageant un « poste d’accueil » de deux ans. Je ne sais s’ils l’ont fait avec enthousiasme — toujours est-il qu’aucun de mes amis dans le Comité n’a poussé l’effort jusqu’à me passer un coup de fil ou un petit mot pour m’annoncer la bonne nouvelle (qui date du 15 mai). (Septembre) J’ai fini par en être avisé par une lettre du CNRS datée du 16 août — il s’agit d’une nomination pour un an (non pour deux), à un poste d’attaché de recherches.
Note 453
Il s’agit de la diffusion d’un tirage limité (de 150 exemplaires) fait par les soins de mon université, aux fins de distribution parmi mes collègues et amis les plus proches.
Note 454
(Novembre 1984) À la suite d’un épisode maladie imprévu, la note en question (no 104) se trouve séparée de « celle-ci » par un nouveau cortège — « Le défunt (toujours pas décédé*…*) » (nos 98-103).
注释 426
(1985年2月)自从我到蒙彼利埃以来,我总共得知有七八篇(短篇)出版物,在我所在的大学之外,以摘要形式介绍了一项与我合作并由我启发的工作。我的名字在所有这些出版物中都未出现。
注释 427
(9月2日)各人以各自不同的方式,他们每个人都在某个时刻最终内化并接受了对其工作的轻蔑,默认了那种抹杀其工作或将其归类为"毫无兴趣"的共识。
注释 428
在晋升或获得职位与地位的"实际"层面,自1970年以来我的教学活动成果,归结起来不过两次获得了带有相应地位的职位:一次是助理教授,另一次是助教。出于一种奇怪的讽刺,这两次晋升都成了当事人所有研究活动突然而彻底停止的信号。
注释 429
除了《导言》(6)(《埋葬》)之外,还涉及梅布库特出现在以下笔记中:《我的孤儿们》、《当班的无名氏与上帝定理》、《不义——或回归的意义》、《反常性》、《阴间相遇》、《受害者——或两种沉默》、《铺路石与上流社会》、《赊账论文与全险》(注 n°os 46, 48’, 75, 76, 78, 78’, 80, 81).
注释 430
在这场合葬中充当掘墓者的人数众多,1981年6月的吕米尼研讨会几乎全体参加。除了我的同调论学者学生们(关于此事见笔记《我的学生们(2):团结》,no 85),在我所知的范围内,那些职业诚信在此直接且严重受到质疑的人是J.-L.Verdier, B. Teissier, P. Deligne, A. A. Beilinson, J. Bernstein.
注释 431
当然,佐格曼梅布库特并不比我更傻,他完全了解内情,对我每位同调论学者学生的工作有精确的认识,能够看清其意义与局限,毫无理想化的倾向。尽管如此,极为强大的抑制作用使他甚至从未有过公开质疑其中任何一人的念头,即使在恶意昭然若揭的情况下也是如此。
注释 432
非定向情形下的«类似»陈述是错误的——这确实是一个微妙的结果,是从一组同样«貌似合理»但实则错误的假设-结论集合中精心«切割»出来的!关于LadegaillerieEsquisse d'un programme,特别是 § 3 的开头部分。
注释 433
我不认识Eckmann 本人,我为 Yves 的论文在 Lecture Notes 出版而进行的通信是与 DrPeters 联系,他负责 Springer 的 LN 丛书。我想,通过我在1960年代本人(尤其是 SGA)或学生们(博士论文)出版的约十五卷 LN,我算是那些以自身信誉助力这一尚在起步阶段的系列丛书赢得声誉和空前成功的人之一。他们拒绝我推荐的工作的理由(他们不出版博士论文)纯属玩笑。 我在通信方面对 New Look 的初次体验也始于这一事件:一个真正令人印象深刻的阵容,A.Campo,B.Mazur,V.Poenaru 和 DrPeters——均未赐复我的第二封信,当时我天真地(我反应迟钝……)再次去信,而他们先前的勉强答复表明他们并未费心了解Ladegaillerie 工作引言中所述的结果。
注释 434
我不确定在其他数学家身上是否见过这种情况,除了 PierreCartier(他年轻时以这种卓越能力给我留下了深刻印象)和 OlivierLeroy,下一条注释将提及。
注释 435
(6月7日)经核实,一直持续到1978年2月。
注释 436
这是一项冗长的工作(我并未读过),其中他精心阐述了一些与我毫无关系的想法,给出了所有«Schubert»型环(cycles du type « Schubert »)的显式奇点解消(résolution des singularités)——这是前人无人能及之事。难得他写出了一份形式完备的文稿,却被人批评过于详细(更不用说他的陈述过于一般化了……)!就我而言,若要批评,方向恰恰相反:尽管Contou-Carrère 声称他的方法应适用于所有类型的半单群(groupes semi-simples)和Schubert 环,他只在线性一般群(groupe linéaire général)的情形下做了工作——因此他并未彻底完成该精确问题所需的工作:等变奇点解消的描述以及通用 Schubert 环,以及上述 Schubert 环的奇异轨迹(lieux singuliers)的描述。这一缺失在我看来像是那种对具体工作和写作的«阻滞»的遗风,这曾长期是他的主要障碍。
注释 437
Contou-Carrère 却抢先一步,在他的 note 中对我只字未提——而我曾为他提供了出发的纲领。这全是徒劳——他固然加入了自己的东西,但有一种«风格»骗不了人,它无论愿意与否都与某些主题绑定,而今天若想在数学界谋取职位,这些主题最好避开。(6月7日)向当事人核实后,我发现这里我把围绕 Contou-Carrère 工作的两个不同事件混淆了关于 Jacobian 簇(jacobiennes)。参见下一条注释(no95)以获取详细信息及精确参考文献。
注释 438
我无可抱怨,因为五六年后,去年 IHES 二十五周年庆典之际,他们确实给了我这份荣幸——邀请了我——甚至让我在两种方式之间选择:要么是部长致辞的隆重招待会,要么是随后在 IHES 逗留一周,而且一切费用全包(他们向我保证过)。我对我的老朋友 NicoKuiper 说,能这样想到我真是太好了,但我这把年纪不再旅行了……
注释 439
前一年,Contou-Carrère 曾申请雷恩大学的一个教授职位,他在那里认识Berthelot 和 LarryBreen。他的申请当时被 CCU 视为可受理的;但职位被授予了另一位候选人。没人费心告知当事人——若想有机会获得教职,他需要公布其所宣布成果的详细证明。次年 CCU 的否决无论对Contou-Carrère 还是对他在佩皮尼昂的同事以及对我而言,都是一个彻底的意外。事后回顾并以当前的反思来看,我甚至怀疑即使他完成了博士论文的写作(已经以其现有形式被宣布«不可发表»)和答辩,情况是否真的会有所改变,以及他是否还有机会在法国找到教授职位。
注释 440
关于此点,参见第24节«我的告别——或异乡人»。
注释 441
我是在次年一段长时间的冥想中才意识到这种焦虑的,其间我发现了焦虑在我生命中的作用——它的存在(1976年前是慢性的,此后是偶发性的)在我整个一生中曾是«世上保守得最好的秘密»。有一些极为有效的机制掩盖了所有通常公认的焦虑迹象,使得焦虑无论对本人还是对我亲近的人都始终未被察觉。
注释 442
正是那些我准备为之出征的人——我在试图公开之前明智地把文稿拿给他们看——劝阻了我发表。
注释 443
关于此点,参见«扫兴的老板——或高压锅»,第43节。
注释 444
关于我在此类情境中常与某些学生扮演的某种默契角色,参见注释«暧昧»,no63»。
注释 445
所有这些遮遮掩掩的行径之所以格外反常,是因为在朗格多克,我与 Contou-Carrère 很可能是仅有的两个能对 Olivier Leroy 所做工作有所理解的人了。Olivier Leroy。不消说,我也从未拿到过 Leroy 投给 CRAS 的 notes 草案。Leroy。或许是我在自欺欺人,但我觉得,倘若我不是被如此决绝地排挤在外,以至于几乎不可能干预,我本该还是能找到办法发表这篇不幸的 notes,通过Cartan 或通过Serre(如果需要的话),他们并非圈内人,但如果我向他们保证这项工作的严谨性,他们还是会信任我的。(6月7日)我一定是很久以后才得知Leroy 通过了博士论文答辩,而我那方面又太忙,没有去想过为什么我甚至从未被告知此事。直到 Contou-Carrère 本人的博士论文答辩之后,我才恍然大悟。Contou-Carrère 本人,按理说我应该是他的博士导师*。他居然有办法让评委会中只有我没有拿到他论文的正式最终版本!直到今天我才终于收到一份——他(在信中)说,他以为我"不感兴趣"要一份…… * 更确切地说,有一两年时间C.-C. 曾谨慎地同时利用两位"导师"(谁也说不准……),两人各自都不知道还有一位"并行"导师的存在。我是在最后关头才得知 Verdier 的导师身份的——, quand 在最后关头。C.-C. 最终在 1983 年春天转向了我,那时已经很清楚 Verdier 的确还是想置他于死地!
注释 446
这个"粗线条"的一个显著标志是:在两年前蒙彼利埃的一个助理教授职位空缺时提交的申请材料中,Leroy 既未提及他第三阶段博士论文的标题,也未提到曾是他的老板的 Contou-Carrère。而且他也没有提及任何个人工作。显然,他当时还没有决定是否想要这个职位——因此,尽管他才华出众,这个职位还是给了另一位候选人,他有着扎实的履历,而且对自己的意图毫无疑问。
注释 447
一个有趣的巧合是,我最近听说Cartier 曾有意将他的一篇 Bourbaki exposé(研讨班报告/讲稿)献给我(我想这是我头一回遇到这种事),而且更甚的是,这篇报告恰好是关于拓扑斯(topos)理论的——正是被同一位Cartier 认为不配出现在 CRAS notes 中的那些拓扑斯。这是近年来时尚风向转变的标志吗?当然不是,而且一切仍然相互关联:这个报告涉及的是拓扑斯在逻辑学中的应用!我挚友 Cartier 的感人题献Cartier 在我看来与去年在一个重大场合宣读的悼词(Éloge Funèbre)如出一辙(参见 notes "悼词——或恭维话",编号o104),其中提及"拓扑斯"一词(在诸多恰到好处的恭维之中),随即立刻补充道(作为唯一且意味深长的评论)它们"如今被用于逻辑学"——而绝无其他用途,毋庸赘言,至少只要我那些慷慨赠予恭维的朋友们能够凭借手中的权力阻止它的话…… (Cartier 报告的出处:Cartier:"范畴(catégorie)、逻辑与层(faisceau),集合论模型",研讨班Bourbaki 第o513 号,1978 年 2 月)。 Deligne, Cartier, 我在某些人(如定调者之一的 Quillen)对拓扑斯这样在几何学中具有创新性和深刻性的概念所持的居高临下(以及抵制……)的态度中,感受到一种惊人的傲慢。即便假设他们中真有人具备(或天真到……)像我通过引入平展拓扑斯和晶体拓扑斯那样从虚无中创造出一种关于代数簇(variétés algébriques)的新的拓扑洞见(vision),以及由此而来的深刻更新代数几何与算术的手段(拓扑学也将随之改观)——毫无疑问,这种他乐于在自己心中培植并在他人心中激起的轻蔑态度,会消解这种洞见与更新的力量,最终只服务于一种自负(fatuité)。
注释 448
例如,我曾非常犹豫是否要收入一篇 notes(即笔记第o 19号),其中将逐一列出所有曾随我准备国家博士(doctorat d'État)论文并最终完成的学生。我内心的这份犹豫想必源于我的许多学生们不愿与我本人有所关联,这种抗拒我在过去几年里已经在未明言的层面上感知到了。在我以前的学生中(无论是否带引号),当时被我清晰感知到刻意与我本人保持距离的,只有Contou-Carrère(我是刚刚才发现的),以及Deligne(此事自1968年以来就已相当清楚,不过我那时并未料想到这种意愿会将他带到何种地步)。就Deligne 而言,我之所以极不情愿将他列为"或多或少"以学生身份出现的人,是因为我不愿显得是在炫耀一位如此杰出的"学生",而他自己也无意让人看出他与我和我的工作之间的这种联系。此外,我的反思让我明白,这种联系在我年轻友人的生活和工作中所具有的意义远比我曾猜想的要深远得多。 (16月1日)关于我内心这些深思熟虑的言辞,参见 3 月 27 日(三天后)的 notes "与众不同的人"(67’no).
注释 449
我所认为的明确无误的恶意行为,我只在 Deligne 和Verdier.
注释 450
当然,这些排斥态度从来不会以其本来面目呈现,即使是在像我的朋友那样的极端情况下Deligne,或Verdier。这些排斥态度在对我有意识的态度的层面上几乎是不可见的——这些有意识的态度(正如我已曾有机会说过的)在我昔日的朋友和学生那里,几乎总是(或许甚至总是)带着同情(有时他们中的某人竭力想要摆脱这种同情)和尊重。这种同情和尊重的态度不仅存在于有意识的「意见」的表面层面,甚至存在于更深的层面——真实的吸引(或排斥)层面,以及对他人的真实认知层面(独立于人们竭力将其囚禁其中的那些形象)。 我们这里面临的是一种典型的矛盾心理(我几乎想说集体的),在那里,肉眼看去什么也「看不见」!(比较在《敌人父亲(1),(2)》(第29节,30),其中在*《收获与播种》*中我第一次触及这个矛盾的面向,它曾在我生命中标记了许多关系,且不仅限于数学界。)然而,在具体的表现层面(在《埋葬》中已大量审视过),这些矛盾力量的「合力」在我看来已不再有任何矛盾之处,而是确确实实地呈现出「令人困惑的一致性且无懈可击的效率」,即我即将更仔细审视的那种「自动排斥态度」。
注释 451
这样一种看待和感受事物的方式,在我朋友身上表现得尤为淋漓尽致Zoghman Mebkhout。正是由于我的这种背离,我对他与数学大世界的种种挫折负有责任,唯独他未能得到那些人曾从我这里获得过的「保护」和支持——而那些人如今却乐于将他视作拖后腿者。
注释 452
(5月26日)就在今天,我通过Zoghman的电话得知Mebkhout,国家科学研究中心(CNRS)全国委员会的同事们为我做出了努力,为我安排了一个为期两年的「接待岗位」。我不知道他们是否热情地做了这件事——无论如何,委员会中没有任何一位朋友费心给我打个电话或写张便条告诉我这个好消息(该决定日期为5月15日)。 (九月)我最终通过一封CNRS日期为8月16日的信得知此事——这是一项为期一年(而非两年)的任命,职位为研究助理。
注释 453
这是由我的大学负责制作的限量版(150份)的分发事宜,用于在我最亲近的同事和朋友之间传阅。
注释 454
(1984年11月)由于一次意外的疾病发作,所述笔记(第号104)与「此篇」之间被一个新的队列分隔开——「逝者(仍未死去*……*)」(第号98-103)。