《收获与播种》第三部分注释:B — Pierre 与动机
Note 208
(25 mai) Je retarde encore, d’une année cette fois — le tournant a lieu en juin 1981 avec le colloque de Luminy, voir la note « L’Iniquité — ou le sens d’un retour », no 75.
Note 209
(24 janvier 1985) Pour une rectification de ce souvenir déformé, voir la note no 164 (I4), et la sous-note no 1641, donnant des précisions sur la filiation du « yoga des poids ».
Note 210
(28 février 1985) Il y a ici une légère confusion dans mon esprit. Il s’agit, en fait, de la filtration étroitement liée par les « niveaux ».
Note 211
C’était à un moment où le jeune Deligne n’avait sans doute pas entendu prononcer encore le mot « schéma » dans un contexte mathématique, ni le mot « cohomologie ». (Il a fait connaissance de ces notions, à mon contact, à partir de 1965.)
Note 212
(28 février 1985) C’est en fait de la filtration par « niveaux » qu’il s’agit (cf. ci-dessus, note 3).
Note 213
Tout comme les groupes fondamentauxπ1(x), π1(y) de quelque « espace » Xen deux « points » xet yse réduisent l’un de l’autre en « tordant » par le torseur π1(x, y) des classes de chemins de xà y…
Note 214
(25 mai) Les débuts de ma réflexion sur les motifs se placent cependant dès avant l’apparition de Deligne. Mes notes manuscrites sur la théorie de Galois motivique sont datées de 1964.
Note 215
Vérification faite, je constate qu’à part quelques pages sur les conjectures standard (Algebraic Geometry, Bombay, 1968, Oxford Univ. Press (1969), p. 193-199), il n’y a aucun texte mathématique publié de moi où il soit question de motifs. Dans l’exposé de Demazure (séminaire Bourbaki no 365, 1969/70), suivant l’exposé de Manin en russe, il est fait mention d’exposés que j’avais faits à l’IHES en 1967, et qui devaient (je suppose) constituer une première esquisse d’ensemble d’une vision des motifs. Un exposé sur les conjectures standard et leur relation aux conjectures de Weil, plus détaillé que l’annonce au congrès de Bombay, est fait par Kleiman (« Algebraic Cycles and the Weil conjectures », in Dix exposés sur la cohomologie des schémas, Masson / North Holland, 1968, p. 359-386). Je n’ai pas eu connaissance d’une réflexion sur les conjectures standard, notamment vers une démonstration de celles-ci, en dehors des miennes avant 1970. Le propos délibéré d’ignorer ces conjectures-clefs (dont je disais, dans mon esquisse de Bombay, que je les considérais, avec la résolution des singularités des schémas excellents, comme le problème ouvert le plus important en géométrie algébrique), me semble pour beaucoup dans l’impression de stagnation que me donne la théorie cohomologique des variétés algébriques, par les échos qui m’en sont revenus.
Note 216
Voir à ce sujet les réflexions dans la note « La table rase », no 67.
Note 217
(8 juin) Et plus encore, quand il s’agit de travaux qui portent la trace de mon influence — voir à ce sujet l’épisode « La note — ou la nouvelle éthique », section 33.
Note 218
Tel a été le sort notamment du « théorème du bon Dieu » (alias Mebkhout). (8 juin) En prenant soin de plus, comme pour le yoga des motifs, de créer habilement l’apparence d’en avoir la paternité, sans jamais le dire en clair ! Voir à ce sujet (dans le cas d’espèce) la note « Le prestidigitateur » no 75”, et pour la brillante méthode générale ou le style, la note « Pouce ! » no 77, ainsi que la note qui suit, « Appropriation et mépris » no 59’.
Note 219
On aurait tort de se gêner, alors que l’événement semble bien montrer que le consensus général de nos jours considère la chose tout à fait normale — tout au moins de la part de quelqu’un de si haute volée ! Ce qu’on appelle « bonne conscience » n’est ni plus ni moins que le sentiment d’un accord avec les consensus qui prévalent dans le milieu dont on fait partie.
Note 220
Il me semble d’ailleurs que cette liberté ne s’est jamais entièrement éclipsée pendant ma vie de mathématicien, et qu’elle est à nouveau présente comme elle l’a été dans mon enfance. Il y a deux ans ou trois j’ai réévoqué pour mon ami le petit épisode de la table de multiplication. Je l’ai senti gêné par cette évocation d’un souvenir d’enfance, qui ne correspondait plus visiblement à l’image qu’il a de lui-même. Je n’ai pas été vraiment surpris par cette gêne, mais peiné pourtant de voir confirmé à nouveau quelque chose que je savais bien et que j’avais pourtant encore du mal à admettre…
Note 221
Il en a été ainsi tout au moins tant que j’habitais à Bures, où il était logé dans un studio à l’IHES. À partir de 1967 (où j’ai déménagé à Massy), je crois qu’on devait encore se voir bien une ou deux fois par semaine, aussi longtemps du moins que j’ai continué à m’investir dans les mathématiques.
Note 222
Pour le sens de ce scrupule en moi à considérer le (trop !) brillant Deligne comme un de mes élèves, voir la note « L’être à part » (no 67’).
Note 223
Que par la suite cette théorie de Hodge-Deligne n’ait jamais (à ma connaissance) dépassé le stade de ce premier jet, qu’elle ne se soit jamais élargie en une théorie des « coefficients de Hodge-Deligne » (et des « six opérations » sur ceux-ci) au-dessus des schémas de type finis sur le corps des complexes, est inséparable de cet autre fait étrange : que ce vaste « tableau des motifs » n’ait jamais été brossé, et que son existence même ait été soigneusement tue jusqu’à aujourd’hui encore…
Note 224
C’est seulement en ces dernières années que je me suis rendu compte vaguement (mais plus précisément ces derniers temps !) que les « conjectures standard », tout autant que la notion même de motif dont elles fournissaient une première approche « constructive », avaient été enterrées, pour des raisons qui m’apparaissent maintenant de façon particulièrement claire. (Comparer aussi avec la précédente note de bas de page.)
Note 225
L’œuvre de Riemann (1826-1866) tient en un modeste volume d’une dizaine de travaux (il est vrai qu’il est mort dans la quarantaine), dont la plupart contiennent des idées simples et essentielles qui ont profondément renouvelé la mathématique de son temps.
Note 226
(14 juin) Au sujet de ce propos délibéré tenace chez moi de minimiser ce que j’avais à apporter, et de nier la réalité d’une relation maître-élève, voir la note « L’être à part », no 67’. Il est évident qu’il n’y a pas de commune mesure entre ce que mon ami a appris à mon contact (« comme s’il l’avait toujours su », certes !), et ce que j’ai appris par lui. Il en aurait été sans doute autrement si j’avais continué un investissement mathématique intense jusqu’à aujourd’hui, et que le contact mathématique régulier se maintienne entre nous.
Note 227
J’ai reçu depuis 1970 quatre tirages à part de Deligne, que j’ai parcourus rapidement (comme la plupart des tirages à part qu’il m’arrive encore de recevoir), sur-le-champ. C’était peu pour me faire une idée d’une œuvre mathématique, même dans les grandes lignes ou par ses principaux thèmes.
Note 228
Je n’entends nullement suggérer que c’est le privilège de quelques êtres exceptionnels d’être appelés à « voler » et à découvrir le monde, sûrement nous y sommes tous appelés de naissance ! Cette capacité pourtant trouve rarement l’occasion de s’épanouir tant soit peu, ne serait-ce que dans une direction très limitée (tel le travail mathématique). Mais dans telle personne il m’a été donné de voir une telle capacité particulièrement éclatante (dans la direction « mathématique ») préservée comme par miracle, pour régresser par la suite au fil des ans.
Note 229
(25 mai) si j’ai éprouvé le besoin ici de me répéter qu’il était « beaucoup trop fatigant » et « sans espoir » de vouloir convaincre, c’est sans doute que, quelque part en moi, l’intention de convaincre était pourtant bel et bien présente, et également perçue. Toute la réflexion entre le 19 avril (où je prends connaissance du « mémorable volume » LN 900) et le 30 avril, est marquée par un état de tension intérieure, de division aussi, devant l’impact d’un « événement » entièrement inattendu dont j’essaye tant bien que mal d’assimiler le message. Cette tension se résout finalement avec la note « Le retour des choses » (no 73) du 30 avril, quand enfin la réflexion venait de retourner à ma propre personne, pour me fournir aussitôt la clef évidente pour ce message.
Note 230
Il s’agit de l’article de Deligne sur la dégénérescence de suites spectrales et le théorème de Lefschetz (Publications mathématiques 35, 1968) cité dans la note « Poids en conserve et douze ans de secret », no 49).
Note 231
C’est le yoga justement qui est resté secret (me semble-t-il) pendant les six années suivantes ! (7 juin) Et (comme il est apparu depuis) qui a été alors présenté par Deligne « pour son compte », sans aucune allusion ni à Serre, ni à moi. (Voir les notes nos 781, 782.)
Note 232
(17 juin) L’idée d’utiliser le théorème de Lefschetz (« Vache ») pour démontrer une dégénérescence de suites spectrales est due à Blanchard, qui n’obtient cependant le théorème de dégénérescence que moyennant l’hypothèse draconienne (rarement vérifiée) que le système local formé par la cohomologie rationnelle des fibres est trivial. Je connaissais le travail de Blanchard, et n’ai pas manqué d’en parler à Deligne, qui s’est donc inspiré de l’idée de Blanchard pour sa démonstration, même s’il n’avait pas lu l’article. Serre, qui se rappelait de la démonstration de Blanchard mieux que moi, a fait remarquer à Deligne que sa démonstration était en fait une adaptation facile de celle de Blanchard. C’est ce que Deligne signale dans sa remarque 2.10. Cette remarque, où il cite Serre, est écrite pourtant de telle façon à donner l’impression qu’il n’a eu connaissance de l’idée de Blanchard qu’après coup, ce qui n’est nullement le cas. Il y a donc eu escamotage des deux principales sourcespour son article : d’une part la motivationarithmétique, qui permettait de prévoir un renforcement considérable du résultat de Blanchard, et d’autre part l’idée de démonstrationde Blanchard, qu’il arrive à adapter avec élégance pour obtenir un résultat que Blanchard n’avait sans doute pas osé espérer, et pour cette raison pas même essayé d’« avoir » par sa méthode.
Note 233
(26 mai) Au sujet de cette attitude chez moi, voir la note qui suit celle-ci, « L’ascension » (no 63’). (8 juin) En faisant le rapprochement avec un certain style bien à lui d’appropriationdes idées d’autrui, dont je vois ici le premier exemple typique, je me rends compte d’ailleurs que la motivation de mon ami n’était nullement celle de préserver une « autonomie » par rapport à un « maître » prestigieux, mais bien d’escamoter le rôle des idées d’autrui dans la genèse des siennes, en attendant de s’approprier également ces idées d’autrui (dans un deuxième temps). (Voir à ce sujet les deux notes « Le prestidigitateur » et « Appropriation et mépris », nos 75” et 59’.) Au sujet de ma part de responsabilité dans le développement sans entrave de cette propension en mon ami, voir les deux notes « L’ascension » et « L’ambiguïté », ainsi que « L’être à part » (no 63’, 63”, 67’), où apparaît le rôle d’une certaine complaisance dont j’ai fait preuve vis-à-vis du brillant jeune homme Deligne.
Note 234
(19 avril 1985) Pour des rectifications au sujet des « six ans » et « douze ans », voir la note de b. de p. 38 (partie datée du 18 avril 1985), pour les poids.
Note 235
(19 avril 1985) Pour des rectifications au sujet des « six ans » et « douze ans », voir la sous-note « La pré-exhumation », no 168IV, pour les motifs.
Note 236
Voir au sujet de cet épisode la note no 42.
Note 237
En deux ou trois autres occasions, j’ai pu constater une telle coexistence en une même personne à un moment donné, y compris dans ma propre personne à certains moments.
Note 238
Une si noble envolée lyrique m’a fait perdre un peu contact avec les réalités terre à terre. Si je qualifie ici cette « empreinte » de « discrète », c’est que je suis moi-même engoncé dans une épaisseur, que j’ai du mal à me séparer d’œillères qui me restent chères ! Ayant fini par m’en débarrasser, je me rends compte que « l’empreinte » en question est un escamotage grossier, que je n’ai pas voulu voir par une certaine complaisance en moi, dont je me rends clairement compte dans la note du 1er juin, « L’ambiguïté », no 63’’. Quant à « l’emprise du conflit sur l’élan initial » de mon jeune et brillant ami, j’en parle presque comme d’une regrettable fatalité dont le pauvre serait la victime bien involontaire, perdant du même coup, hélas, le bénéfice du « grand destin ». Pourtant il est responsable de son destin tout comme je le suis du mien. S’il a choisi dès avant mon départ le rôle de fossoyeur de son maître (pour commencer), et si les circonstances (dont l’esprit des temps) ont été propices à ce choix, lui octroyant à gogo le rôle du Grand Patron à qui tous les coups sont permis, il a choisi aussi de goûter jusqu’à la lie les privilèges que le prestige et le pouvoir peuvent donner, y compris celui d’écraser (discrètement) et de spolier. On ne peut tout avoir à la fois, et il est dans la nature des choses qu’il perde par ce choix (dans lequel il est en bonne compagnie) le bénéfice de choses plus délicates et moins courues… (Note de bas de page non datée, de début juin.)
Note 239
(Septembre 1984) Vérification faite, cette circonstance est signalée bel et bien dans l’introduction au travail cité (p. 75).
Note 240
(28 mai) Le mot « complaisance » exprime mieux ici la nature de mon attitude, que le mot un peu élusif « laxité ». Cette complaisance dans ma relation à mon jeune et brillant ami m’est apparue plus clairement dans la réflexion d’hier, voir la note « L’être à part », no 67’.
Note 241
(5 juin) Quand je dis ici que le malaise vient (en partie) de « l’enfant », c’est une façon de parler qui donne une image fausse de la réalité. Ce n’est pas la perception candide d’une situation fausse qui crée un quelconque malaise. Le malaise est le signe d’une résistancecontre cette perception, d’un décollage entre la réalité bel et bien perçue à un certain niveau (ici celle d’une situation fausse), et une imagede la réalité à laquelle je m’accroche (en l’occurrence, que je suis en train d’être « généreux » et que je ne saurais moins faire !), au profit de laquelle j’écarte, je refoule la perception inopportune. Dans le cas d’espèce, dès que j’abandonne la résistance et permets à la perception d’apparaître dans le champ du regard conscient, le « malaise » a cessé, en même temps que la situation fausse. J’allais ajouter « à supposer qu’il s’agisse d’une situation fausse impliquant mon présent, et non une situation se situant dans le passé ». Mais réflexion faite, je me rends compte que ces situations fausses « du passé », dont je viens de parler, sont restées présentes comme telles jusqu’à aujourd’hui, ou du moins jusqu’à la réflexion d’il y a trois jours, du seul fait de n’avoir jamais été examinées, et par là, résolues. J’en suis resté prisonnier, au point de reproduire mécaniquement les mêmes situations dès que l’occasion se présentait. La connaissance de mon « pouvoir » de méditation (dont j’ai parlé dans la section « Désir et méditation », no 36) ne m’a alors servi de rien, faute d’être attentif au jour le jour aux situations dans lesquelles je suis impliqué, et au jeu incessant de la perception et du « tri » des perceptions, ce jeu de l’enfant et du patron le faisant taire…
Note 242
Cette expression « mon protégé », qu’avait utilisée un de mes élèves d’antan pour désigner un de mes élèves du moment qui venait de faire de belles choses en mathématique, m’avait fait grincer des dents. Pourtant, la situation d’ambiguïté que je suis en train d’examiner, tout compte fait, établit une relation fausse dans laquelle l’un des deux protagonistes fait bel et bien figure de « protégé » de l’autre.
Note 243
Cette note est issue d’une note de bas de page à « L’instinct et la mode — ou la loi du plus fort » (no 48) — note où j’affirmais que le travail de Verdier sur les catégories dérivées n’avait jamais été publié, sans réaliser qu’un « état 0 » de sa thèse avait paru en 1977. Pour une vue d’ensemble des étranges virevoltes de Verdier en relation à la théorie qui était censée constituer son travail de thèse, voir la note « Thèse à crédit et assurance tous risques », no 81.
Note 244
Voir la note « L’inconnu de service et le théorème du bon Dieu » pour quelques renseignements sur ce douteux personnage (note no 48’).
Note 245
Voir, au sujet de ce volume, la note « La table rase », no 67.
Note 246
(26 mai) Au sujet d’une certaine complaisance en moi qui a donné aliment à ce « quelque chose », voir la note (ultérieure de deux semaines à la présente note) « L’ascension » (no 63’).
Note 247
Aux temps où je le côtoyais régulièrement à l’IHES (dans mon séminaire notamment) les relations de Deligne aux autres mathématiciens, et plus particulièrement aux jeunes chercheurs (souvent débutants) qui venaient au séminaire, étaient empreintes de gentillesse. J’y constatais la même ouverture à la pensée d’autrui, fût-elle maladroite à s’exprimer voire confuse, que dans nos tête-à-tête mathématiques. Il avait cette capacité de suivre la pensée d’autrui dans les images et le langage de l’autre, qui m’a toujours fait défaut, et qui (il me semble) le prédisposait bien plus que moi au rôle de « maître », apte à stimuler l’épanouissement d’une vocation, d’une créativité en autrui.
Note 248
Le seul des quatre travaux en question qui ne soit pas directement influencé par moi est le travail sur la conjecture de Ramanuyam, la déduisant des conjectures de Weil. Il se place dans une direction de recherche (celle des formes modulaires) qui a constitué un des « trous » les plus sérieux dans ma culture mathématique. Les autres trois travaux sont ceux sur la dégénérescence de la suite spectrale de Leray, sur la théorie de Hodge-Deligne, et sur les multiplicités modulaires (en collaboration avec Mumford), dont il a été question dans la note « L’éviction » (no 63) et dans la sous-note no 631.
Note 249
(10 mai) En fait, un autre signe « très clair » remonte déjà à l’année 1966, voirnote de bas de page 66 à la note no 82 (p. 329).
Note 250
(28 mai) Pour un éclairage nouveau de ce deuxième tournant, voir aussi la note « La perversité », no 76.
Note 251
Voir à ce sujet la note « Le compère » (no63’”) de l’avant-veille de celle-ci. (5 juin) La réflexion de cette note est reprise dans la présente note et les trois suivantes (« La table rase », « L’être à part », « Le feu vert », « Le renversement »), qui font entrevoir le sens de « l’opération SGA 4 $\frac{1}{2}$ » et son lien au « démantèlement » du séminaire-mère SGA 5. Cette réflexion est reprise à nouveau dans le cortège « Mes élèves », et notamment dans la suite « Mes élèves (1)-(7) », où peu à peu se révèle le tableau d’un véritable massacre du séminaire où mes élèves cohomologistes ont appris leur métier. Dans toute cette opération s’étale un mépris désinvolte, dont le « dédain discret » (dont j’ai pu constater l’apparition vers le même moment), dans la relation de mon ami à moi, n’était qu’un très pâle reflet. Une autre association m’est venue il y a une semaine ou deux, pour le moment de ce « premier tournant » dans la relation de mon ami à moi, fin 1977 ou courant 1978. C’est en 1978 que mon ami a eu « sa médaille » bien méritée (pour la démonstration de la conjecture de Weil). La façon dont ce nouveau titre (lié à la démonstration d’une conjecture « d’une difficulté proverbiale ») a été intériorisé par mon ami, apparaît de façon saisissante dans l’Éloge Funèbre (concernant ma défunte personne) et sa contre-partie (concernant la sienne), parus il est vrai seulement cinq années plus tard lors d’une « grande occasion ». Voir à ce sujet la note « L’Éloge Funèbre (1) — ou les compliments », no 104.
Note 252
Voir une note de bas de page (du 28 avril) à la note « Le feu vert » (no 68) pour une élucidation de ce « mystère ».
Note 253
(10 juin) Voir, pour des précisions à ce sujet, la sous-note no 87 de la note « Le massacre », no 87.
Note 254
(10 juin) Dans la formule de Lefschetz-Verdier générale, pour une correspondance cohomologique entre un faisceau de coefficients et lui-même, les « termes locaux » (correspondants aux composantes connexes de l’ensemble des points fixes) sont définis sans ambiguïté par le fait même d’écrire la formule. La question du « calcul » de ces termes locaux ne prend de sens précis que dans des cas d’espèce, dont un des plus simples est celui du morphisme de Frobenius, où ils sont donnés simplement par les traces ordinaires des endomorphismes induits sur les fibres en ces points. Cette formule avait été démontrée complètement dans le séminaire oral comme cas particulier d’une autre beaucoup plus générale.
Note 255
Le terme consacré en anglais general non-sense (au sens : généralités parfois pénibles, mais souvent nécessaires) n’avait pas « de mon temps » une connotation péjorative, plutôt un peu blagueuse et bon enfant. Ce n’est pas un hasard sûrement que le qualificatif consacré general a été ici « oublié », de façon à dire non-sense, qui signifie ni plus ni moins que « non-sens » en bon français, et suggère l’idée de bombinage, de « conneries ».
Note 256
(26 mai) Voir cependant la note du surlendemain, « Le renversement » (no 68’), où je reviens sur cette impression, qui s’avère hâtive. Dans la suite de la réflexion, se révèle peu à peu une opération de grande envergure « SGA 4 $\frac{1}{2}$ - SGA 5 » qui s’est faite, pour le « bénéfice » principalement de Deligne, avec l’aide ou l’accord tacite de tous mes élèves « cohomologistes ». L’« honnêteté » que je crois pouvoir constater (sur la foi de la déclaration, à la ligne 7 de l’introduction, qui vient d’être citée), joue ici le rôle de la « ligne-témoin » destinée à donner le change, dans le plus pur style « pouce ! ». Mon ami a utilisé ce style dès 1968 (voir « Poids en conserve et douze ans de secret », et « L’éviction », notes nos 49 et 63). Voir aussi les notes « Pouce ! » et « La robe de l’empereur de Chine », nos 77 et 77’.
Note 257
(10 juin) En écrivant cette note, je « débarquais » à peine et n’avais pas senti encore le vrai sens de « l’opération SGA 4 $\frac{1}{2}$ » (et son lien avec les vicissitudes de SGA 5, dont je venais seulement d’avoir une prescience subite). J’ai compris depuis que le recueil hétéroclite de textes publié sous le nom trompeur de SGA 4 $\frac{1}{2}$ (voir la note « Le renversement », no 68’) ne se présente nullement comme un livre de vulgarisation (« sans larmes ») du séminaire SGA 4 et SGA 5 (lequel constitue le cœur de mon œuvre mathématique publiée), mais qu’il représente une manœuvre pour se substituer à celle-ci (faisant figure de précurseur un peu vaseux sur les bords), et pour apparaître comme la vraie œuvre maîtresse sur la cohomologie étale, laquelle serait due à Deligne. Pour une formulation saisissante (par une plume restée anonyme) d’une telle imposture, six ans après le « coup de sonde » nommé SGA 4 $\frac{1}{2}$, voir « L’Éloge Funèbre (1) — ou les compliments » (note no 104).
Note 258
Sans compter les travaux qui se trouvent dans les Publications mathématiques de l’IHES, que le directeur, Nico Kuiper, a la gentillesse de me faire parvenir depuis bientôt quinze ans.
Note 259
La présente note est issue d’une note de bas de page à la note précédente, « La table rase », dont elle constitue un complément, écrit un mois après jour pour jour.
Note 260
À peu de chose près, le même commentaire peut se faire d’ailleurs pour chacun de mes autres élèves cohomologistes — Verdier, Illusie, Berthelot, Jouanolou. Voir à ce sujet la note « La solidarité », et les quatre notes qui la suivent (notes nos 85 à 89).
Note 261
(14 juin) Ce propos délibéré est bien apparent dans la façon dont je me résous finalement à parler de lui (comme si ce faisant j’enfreignais une obligation de réserve ou de modestie, vis-à-vis de celui qui se plaisait à se démarquer de ma personne…) il y a quatre mois, dans la note « Jésus et les douze apôtres », no 19.
Note 262
Comparer avec la note du 10 mai « L’ascension » (no 63’) où pour la première fois je perçois cet ingrédient de complaisance dans ce que fut ma relation à mon ami Pierre. Cette perception était restée isolée et fragmentaire jusqu’à ce jour, où elle s’est précisée au cours de la réflexion qui s’est faite dans la présente note, « L’être à part ».
Note 263
La rédaction de l’ensemble du séminaire, sur la base de mes notes détaillées pour les exposés oraux, aurait représenté pour moi quelques mois de travail à peine.
Note 264
Cela s’associe à cette impression d’élèves qui seraient restés « un peu abasourdis », exprimée dans la lettre citée dans la note « Échec d’un enseignement (2) — ou création et fatuité » (no 44’).
Note 265
(26 mai) C’est après m’être remis un peu plus « dans le bain » du séminaire SGA 5, que je me suis souvenu d’une impression de malaise que j’avais eue, quand j’ai feuilleté (ce devait être en 1977, année de sa publication) l’exemplaire du séminaire publié que je venais de recevoir. Cette impression de « mutilation » (qui est alors restée sous forme diffuse, informulée) était due surtout, peut-être entièrement même (je n’ai pas dû passer beaucoup de temps à regarder de plus près, alors que ça aurait bien valu le coup…), à l’absence des exposés introductif et final, et surtout (je crois) à la désinvolture avec laquelle cette absence était annoncée, comme chose presque allant de soi — pourquoi donc aurait-on pris cette peine de les inclure ! J’ai dû à un certain niveau « sentir quelque chose », que je n’ai pris la peine de laisser monter et d’examiner que ce mois-ci (près de sept ans plus tard !), dans la note « Le massacre » et dans les deux notes « La dépouille… », « … et le corps » qui lui font suite.
Note 266
(28 avril) Un signe concret éloquent de cet ascendant, c’est que la publication de SGA 5 n’a fini par se faire qu’au moment où Deligne a jugé bon de faire signe à Illusie de s’en occuper activement — c’est-à-dire, au moment précisoù lui-même en a eu besoin comme texte de base pour son digest SGA 4 $\frac{1}{2}$, destiné à se substituer à lui. (Voir à ce sujet la fin de l’introduction à SGA 5, écrite par Illusie.) Cela éclaire et donne tout son sens à cette déclaration (que je qualifiais encore de « mystérieuse » avant-hier dans la note « Table rase » (note no 67)), que « l’existence de SGA 4 $\frac{1}{2}$ permettra prochainement de publier SGA 5 tel quel ». Le « tel : quel » est ici une pointe d’humour que j’ai été sans doute le seul à sentir (dès avant-hier), et à apprécier à sa valeur ! (Vu le « démantèlement » que représente la version publiée par rapport au séminaire originel.)
Note 267
(26 mai) C’est le « quelque chose » justement dont il est question dans l’avant-derniere note de bas de page, et qui a fini par faire surface au cours de la réflexion des semaines écoulées, et surtout à partir du moment (le 12 mai) où j’ai pris enfin la peine, pour la première fois depuis sa parution en 1977, de regarder d’un peu plus près ce qu’était devenu « un splendide séminaire » entre les mains de mes élèves cohomologistes, dans l’édition-massacre qui en a été faite onze ans après.
Note 268
(28 avril) Peut-être que « mes seuls bras » auraient suffi à réaliser le vaste programme de travail que j’envisageais vers la fin des années 1960, mais à condition que je me fasse pour les vingt ou trente années qui allaient suivre le serviteur exclusif de ce programme. Je suis heureux aujourd’hui de n’avoir pas suivi cette voie-là, qui aurait pu être la mienne et dont je vois clairement maintenant le piège et le danger.
Note 269
(28 mai) Je ne me décide à faire le tour de ce « démantèlement » que dans la réflexion du 12 mai, dans la note (au nom plus approprié) « Le massacre » (no 87).
Note 270
(28 mai) Dans le cadre cohérent, voir mon exposé Bourbaki no 49 (mai 1957), § 40. Dans la note « Les bonnes références » (no 82) du 8 mai, je découvre que ces idées, ainsi que celles que j’avais développées dans le même séminaire SGA 5 pour les classes d’homologie associées aux cycles (et de nombreuses autres) ont été reprises à son compte par J.-L. Verdier, sans souffler mot de l’existence d’un séminaire SGA 5 ni de ma personne. Cette opération se place en 1976, un an avant « l’opération SGA 4 $\frac{1}{2}$ » (dont elle m’apparaît étroitement solidaire), et au vu et su de tous les ex-auditeurs et participants du séminaire-mère SGA 5 de 1965/66.
Note 271
(28 mai) Et c’est même là qu’il a entendu parler pour la première fois des choses qu’il expose si brillamment dans le volume-pirate SGA 4 $\frac{1}{2}$ ! Voir à ce sujet la note « L’être à part » d’hier (no 67). Par rapport aux procédés de son ami Verdier l’année d’avant, et à ceux qu’il a pratiqués lui-même en d’autres occasions, mon ami ici se maintient cependant en deçà de la limite du pillage patent, puisqu’il me présente comme auteur de l’exposé sur les cycles (avec il est vrai le brillant résultat de pouvoir me présenter comme son collaborateur), et qu’il ne fait pas mine encore d’ignorer purement et simplement que je suis pour quelque chose dans la théorie de la cohomologie étale, la formule des traces, etc. Pour un progrès décisif dans cette voie-là, voir cependant la note « L’Éloge Funèbre (1) — ou les compliments » (no 104).
Note 272
(28 mai) Pour un sens plus profond de cette « insertion violente » de SGA 4 $\frac{1}{2}$ entre les deux parties indissolubles SGA 4 et SGA 5 d’un tout, formant le cœur de mon œuvre écrite, voir la note « La dépouille… » (no 88).
Note 273
(28 mai) Cette expression, « dispositions ambiguës », est décidément ici un euphémisme !
Note 274
Il est grand temps d’ailleurs de prendre cette occasion pour remercier Luc Illusie du soin et de l’abnégation avec lesquels il s’est occupé de mener à bonne fin une rédaction de certains exposés en détresse et une publication du « paquet » ; et ceci dans des conditions certes peu encourageantes, parmi lesquelles mon absentéisme total n’était sûrement pas la moindre ! (26 mai) À la lumière de la réflexion ultérieure, poursuivie dans les notes nos 84 à 89 et tout particulièrement dans la note « Le massacre », ces remerciements prodigués à Illusie prennent une dimension comique énorme et imprévue, que j’étais loin de pressentir en écrivant ces lignes ! Il est vrai que je les ai écrites à l’encontre d’une réticence en moi, qui s’est exprimée notamment par un « oubli » des remerciements (déjà prévus) dans le texte « principal » de la note, de sorte que j’ai dû me « rattraper » par une note de bas de page. Cette réticence était due sans doute au malaise que j’avais ressenti déjà dès la première fois que j’ai tenu entre les mains ce volume qui avait nom SGA 5 (et que je n’ai plus eu l’occasion de tenir entre les mains, je crois, avant ces dernières semaines), malaise dont j’ai parlé dans la note de bas de page (datée d’aujourd’hui le 26 mai) à la note précédente « Le signal ». Cette inattention illustre bien l’importance, dans la méditation, d’une attention vigilante à ce qui se passe en sa propre personne dans l’instant même. Faute d’une telle vigilance, la réflexion ici est restée en deçà de la méditation, à un niveau superficiel — alors q’une attention à cette réticence m’aurait amené à en sonder l’origine, et par là à regarder de plus près aussi ce qu’était devenu ce beau séminaire (chose que je n’ai faite que deux semaines plus tard).
Note 275
(28 avril) L’évocation qui précède a fait remonter d’autres souvenirs, qui montrent que ce fameux nombre πm’intriguait plus que je ne croyais d’abord m’en souvenir. La valeur approchée 344/133, trouvée dans un livre (peut-être le même), m’avait frappé — elle était si jolie que j’avais du mal à croire qu’elle ne soit qu’approchée ! Ne connaissant alors d’autres nombres que les nombres fractionnaires, j’étais intrigué par l’allure que pourraient avoir le numérateur et le dénominateur de la fraction irréductible qui exprimait π— ce devaient être des nombres bien remarquables ! Inutile de dire que je ne suis pas allé bien loin dans ces réflexions enfantines sur la quadrature du cercle.
Note 276
(26 mai) Mon ami a bien voulu m’honorer d’une réponse, qui a fini de dissiper la dernière trace de doute. Il m’avait fait figurer comme « collaborateur » bel et bien à cause de l’exposé de SGA 5 qu’il avait rédigé et inclus dans SGA 4 $\frac{1}{2}$ — et il n’avait pas jugé utile de me demander mon accord pour ce transfert, ou pour figurer comme « collaborateur », ni cru nécessaire de m’envoyer un exemplaire de ce volume auquel j’avais si bien collaboré, vu que « ça faisait sept ans que je ne faisais plus de maths ». (5 juin) Je viens de recevoir (mieux vaut tard que jamais !) une lettre (datée du 30 mai) de Contou-Carrère, répondant à une lettre du 14 avril où je lui demandais (par acquit de conscience) s’il avait jamais vu un exemplaire de SGA 4 $\frac{1}{2}$ parmi mes livres. Il semblerait qu’il y avait bien un tel exemplaire, que Contou-Carrère avait gardé par-devers lui (à moins qu’il ne l’ait acheté et ne s’en rappelle plus ?). D’autre part la réponse de Deligne semble bien confirmer pourtant qu’il n’avait pas jugé utile d’en envoyer un exemplaire : « Il aurait effectivement pu être une bonne idée de t’envoyer un exemplaire de 4 $\frac{1}{2}$ ; je pensais dans doute que tu n’en aurais pas vu alors l’intérêt » (lettre du 15 mai).
Note 277
Je pourrais faire exception de mes premières réflexions sur une théorie de dévissage des structures stratifiées, dont j’ai dû toucher un mot à Deligne vers les débuts des années 1970. Il avait accueilli mes expectatives à ce sujet avec une sympathie indulgente, un peu celle qu’on accorde à un grand enfant qui ne doute de rien. (Ce sont des dispositions qu’il avait souvent dans sa relation à moi, et qui sûrement étaient souvent fondées !) Le scepticisme de mon ami, motivé par la connaissance qu’il avait de certains phénomènes de sauvagerie que j’ignorais, ne m’a pourtant pas convaincu — plutôt, les faits qu’il me signalait m’ont fait soupçonner dès ce moment que le contexte des « espaces topologiques », couramment adopté pour « faire de la topologie », était inadéquat pour exprimer avec souplesse certaines intuitions topologiques que je sentais essentielles, comme celle de « voisinage tubulaire ». Au cours des dix années suivantes je n’ai plus guère eu l’occasion de revenir sur ces réflexions et j’ai dû oublier un peu mes « soupçons », qui sont redevenus actuels (et sont devenus alors une intime conviction) par mes réflexions de décembre 1981-janvier 1982, stimulées par les besoins d’une théorie de « dévissage » de la « tour de Teichmüller ». (Comparer à ce sujet l’Esquisse d’un programme, § 5, 6.) (5 juin) Comme autre exception, je pourrais compter mes réflexions sur les schémas relatifs virtuels et les motifs virtuels (au-dessus d’un schéma de base général), dont je crois me rappeler avoir fait part à Deligne. Comme c’étaient là des choses liées de près à un yoga qu’il avait décidé d’enterrer (jusqu’au moment de l’exhumation en 1982), il n’est pas étonnant qu’il n’ait pas fait mine d’accrocher aux idées que je lui ai expliquées et qui, bien sûr, m’enchantaient, pour quelques indications à leur sujet, voir la note no 469.
Note 278
Au sujet de cette réflexion, voir « Le patron trouble-fête — ou la marmite à pression » (s. 43).
Note 279
Il s’agit du volume Lecture Notes 900, voir note « Souvenirs d’un rêve — ou la naissance des motifs » (no 51).
Note 280
(11 juin) Des recoupements me confirment qu’il en est bien ainsi. Ce « deuxième tournant » se situe dans la seconde moitié de 1981.
Note 281
J’ai cru bon ici de faire grâce au lecteur d’une bonne page de considérations sur la méditation en général, qui ont été une façon de tourner autour du pot — signe des résistances à entrer dans le vif du sujet.
Note 282
Voir la section « Fini le manège ! », no 41.
Note 283
(14 juin) Ce « déplaisir » est dû avant tout, il me semble, à cette impression d’impudence, de mépris délibéré d’un lien qu’on affecte d’ignorer, de tenir pour négligeable. La situation est toute différente quand des idées ou résultats qu’on a découverts sont redécouverts par autrui, chose qui arrive couramment.
Note 284
Cette note de bas de page de longueur prohibitive est devenue une note séparée, « Le renversement » (no 68’).
Note 285
J’y reviens pourtant le 9 mai et les jours suivants, voir notes nos 84-89.
Note 286
(28 mai) Lire ici « des faits qui me sont connus ». Dès le surlendemain, des faits nouveaux entièrement inattendus vont relancer la réflexion sur l’Enterrement et m’amener à tripler le volume des notes qui s’y rapportent.
Note 287
Ce qui est sûr, c’est que je suivais le « bon ton », consistant à ignorer ce genre de choses, contraires aux images de rigueur ! (30 mai) Voir au sujet de ce lien la note « … et le corps », no 89.
Note 288
Si, encouragé par un certain contexte, il est arrivé à un de mes élèves de vouloir escamoter un rôle qui avait été le mien, dans un travail fait avec moi, la chose s’est faite à un moment où depuis longtemps il n’était plus en situation d’élève.
Note 289
J’ai écrit cette phrase avec une certaine hésitation, et en pesant mes mots sachant bien qu’on pourra s’en emparer comme d’une sorte d’aveu cynique de l’horrible mandarin jetant enfin le masque ! Mais je sais bien que je n’empêcherai pas celui qui a envie de noyer un poisson gênant, de faire à son aise. Cela ne m’empêchera pas de poursuivre mon propos de découvrir et dire les choses évidentes, y compris l’humble vérité écrite plus haut, qui ne surprendra que celui qui n’a jamais pris la peine de regarder en lui-même.
Note 290
(28 mai) Cette association soudaine avec ma propre mort s’est présentée avec force. J’ai eu la tentation de l’écarter, puis celle de supprimer cette parenthèse inopinée, qui semble venir là comme des cheveux sur la soupe. Je m’en suis abstenu, par une sorte de respect. Chose étrange, le lendemain j’ai appris que ce même soir du 30 avril où je poursuivais ma réflexion, dans la commune où je vis, la sœur (gravement malade) d’un ami est morte. J’ai vu Denise pour la première fois, et sur son lit de mort, le jour même. Le lendemain 2 mai, je me suis joint à mon ami et à de nombreux autres hommes et femmes vivants pour la porter en terre, par une magnifique journée de printemps…
Note 291
(28 mai) Voir dans le même sens la note du 14 mai, « Le Fossoyeur — ou la Congrégation tout entière », no 97.
Note 292
(28 mai) C’est là un euphémisme, comme j’ai fini par le constater par la suite à mon corps défendant ! Voir à ce sujet la note d’hier « L’être à part », no 67’.
Note 293
(28 mai) Ce n’est pas tout à fait exact. L’un et l’autre ont utilisé de façon essentielle dans leur travail des outils que j’avais façonnés et dont ils ont fait l’apprentissage à mon contact. Au-delà de ce rôle, la théorie de Hodge-Deligne dans le travail qui constitue sa thèse (« Théorie de Hodge II », Publications mathématiques no 40, 1972, p. 5-57) est issue directement du yoga des motifs qu’il tenait de moi — les « structures de Hodge mixtes » étant la réponse « évidente » à la question (également « évidente » dans l’optique des motifs) de « traduire » en termes de « “structures” de Hodge » (« en un sens convenable ») la notion de motif non nécessairement semi-simple sur le corps des complexes. Au-delà d’un « exercice de traduction » brillamment mené, il y a bien sûr dans ce travail des idées originales et profondes qui sont « indépendantes de ma personne ». Mais il est clair aussi que la théorie de Hodge-Deligne n’existerait pas à l’heure actuelle (ni sans doute la quasi-totalité de l’œuvre de Deligne ou d’un de mes autres élèves) s’ils n’avaient eu la disposition des idées et des outils que j’ai introduits en mathématique et dont ils ont eu la primeur à mon contact.
注释 208
(5月25日)我又推迟了,这次是一年——转折发生在1981年6月的吕米尼研讨会,参见注「不义——或回归的意义」,no75。
注释 209
(1985年1月24日)关于对这一扭曲记忆的更正,参见注 no164 (I4),以及子注 no164₁,提供了关于「权之瑜伽」传承的细节。
注释 210
(1985年2月28日)我这里有一些轻微的混淆。实际上,这里指的是与「层级」紧密相关的滤过。
注释 211
那是在年轻的德利涅(Deligne)无疑尚未在数学语境中听过「概形(schéma)」这个词,也未听过「上同调(cohomologie)」这个词。(他从1965年起通过与我的接触认识了这些概念。)
注释 212
(1985年2月28日)实际上涉及的正是通过「层级」的滤过(参见上文,注3)。
注释 213
正如基本群π₁(x)、π₁(y)(对于某个「空间(espace)」X在两个「点」x与y处)可以通过 torsorπ₁(x, y)(从x到y的道路类)进行「扭转」而相互转化……
注释 214
(5月25日)然而,我对动机(motifs)的思考早在德利涅(Deligne)出现之前就已开始。我关于动机 Galois 理论的手写笔记标注的日期是1964年。
注释 215
经核实,我发现除了关于标准猜想(conjectures standard)的几页(Algebraic Geometry, Bombay, 1968, Oxford Univ. Press (1969), p. 193-199)之外,我没有发表过任何讨论动机(motifs)的数学文本。在Demazure 的(研讨会Bourbaki 第o 365 期,1969/70),继Manin 的俄语报告之后,其中提到我于 1967 年在 IHES 所做的演讲,这些演讲(我猜想)本应构成动机理论的首次整体轮廓勾勒。一篇关于标准猜想及其与Weil 猜想之关系的演讲,比孟买大会上的通告更为详细,由Kleiman 所作(« Algebraic Cycles and theWeil 猜想», 载于 《关于概型(schémas)上同调(cohomologie)的十次演讲》,Masson / North Holland, 1968, p. 359-386)。在我所知范围内,除了我本人在 1970 年之前的思考外,我没有了解到关于标准猜想的任何反思,尤其是朝向其证明(démonstration)的尝试。蓄意忽视这些关键猜想——我在孟买的提纲中说过,我认为它们与优概形(schémas excellents)的奇点消解(résolution des singularités)一道,是代数几何(géométrie algébrique)中最重要的未解决问题——在我看来,很大程度上解释了我从所听到的回响中感受到的代数簇(variétés algébriques)上同调理论的停滞印象。
注释 216
关于此点,参见笔记« La table rase »中的反思,no 67.
注释 217
(6月8日)更何况,当涉及那些带有我影响痕迹的工作时——关于此点,参见« La note — ou la nouvelle éthique »一节,section 33.
注释 218
这正是所谓的« 上帝定理(théorème du bon Dieu)»的命运(又名 Mebkhout). (6月8日)更何况,如同对待动机之瑜伽(yoga des motifs)那样,小心巧妙地制造出拥有其原创性的假象,却从不明说!关于此点(在此特定情况下),参见笔记« 魔术师(Le prestidigitateur)» no 75",至于那出色的通用方法或风格,参见笔记« 停!(Pouce !)»,以及随后那篇笔记« 据为己有与蔑视(Appropriation et mépris)» 59'no 77no.
注释 219
人们大可不必感到难为情,因为事实似乎清楚地表明,当今的普遍共识认为这是完全正常的事——至少对于一位如此高水平的人来说是这样!所谓« 良心安稳 »无非就是与自己所处圈子中盛行的共识保持一致的感觉。
注释 220
此外,在我看来,这种自由在我作为数学家的生涯中从未完全消失,如今它又像童年时那样重新出现了。两三年以前,我向我的朋友重新提起乘法表的小插曲。我感觉到他因为被唤起这个童年记忆(souvenir)而感到难堪,这显然已不再符合他对自己所持有的形象。对于这种难堪,我并不真的感到惊讶,但看到自己早已明白却又难以接受的事情再次得到证实,还是感到痛心……
注释 221
至少在我住在 Bures 期间是这样,当时他住在 IHES 的一个单间公寓里。从 1967 年起(我搬到了 Massy),我想我们大概每周还能见上一两次面,至少在我继续投入数学研究的那段时间里是如此。
注释 222
关于我内心这种不愿将(过于!)出色的 Deligne 视为我的一名学生(élèves)的顾虑,参见笔记« L'être à part »( 67'no).
注释 223
此后,Hodge-Deligne 的这一理论(据我所知)从未超越初稿阶段,从未扩展为一套关于«Hodge-Deligne 系数»(以及与之相关的« 六运算(six opérations)»)在复数域上的有限型(type fini)概型之上的理论,与另一个奇怪的事实密不可分:这幅宏大的« 动机图景 »从未被描绘出来,甚至连其存在本身也一直被小心翼翼地掩盖至今……
注释 224
直到最近几年,我才隐约意识到(但最近这段时间更加确切地!),« 标准猜想 »以及它们所提供的对动机概念的首次« 构造性 »进路,都被埋葬了,其原因现在对我来说格外清晰。(亦请参见前面的脚注。)Riemann 的
注释 225
作品(1826-1866)汇集成一个单薄的小卷,约十来篇论文(的确,他四十多岁就去世了),其中大多数包含了深刻革新了当时数学的简单而本质的思想。
注释 226
(6月14日)关于我这种顽固地刻意贬低自己贡献、否认师徒关系现实的做法,参见笔记« L'être à part »,no 67'。显而易见,我的朋友在我身边所学到的东西(« 仿佛他一直都知道 »,确然!)与他教会我的东西之间没有可比性。如果我直到今天仍保持着高强度的数学投入,并且我们之间保持着定期的数学交流,情况或许会有所不同。
注释 227
自 1970 年以来,我收到了四份来自Deligne 的抽印本,我都当场快速翻阅过(就像我偶尔还会收到的大多数抽印本一样)。仅凭这些很难对一个人的数学工作形成概念,哪怕是其主要轮廓或主题。
注释 228
我绝无意暗示,唯有少数非凡的存在才有幸得以「飞翔」并发现世界——无疑,我们生来都具有这种使命!然而,这种能力却很少有机会得以充分施展,哪怕只是在某个极为有限的方面(如数学工作)。但在某个人身上,我得以目睹这样一种尤为耀眼的能力(在「数学」方向上)奇迹般地得以保存,随后却在岁月中逐渐消退。
注释 229
(5月25日)如果我在此感到有必要反复对自己说,想要说服人是「太过费力」且「毫无希望」的,那大概是因为,在我内心的某处,说服的意图确实存在,并且也被察觉到了。从4月19日(我初次知晓那「值得纪念的卷册」LN 900之时)到4月30日之间的全部思考,都笼罩着一种内在的紧张与分裂状态,面对一个全然出乎意料的「事件」的冲击,我竭尽全力试图领会其讯息。这种紧张最终以4月30日的笔记「事物的回归」(no73)而化解,当思考终于回归到我自己身上,立即为我提供了理解这一讯息的显而易见的关键。
注释 230
这是关于Deligne关于谱序列退化与Lefschetz定理(Publications mathématiques35,1968)的文章,引自笔记「罐装重量(poids)与十二年的秘密」,no49)。
注释 231
恰恰是这种修行(yoga)在接下来的六年里一直保持秘密(在我看来)! (6月7日)而(正如后来所显现的那样)它随后被Deligne「据为己有」,既未提及Serre,也未提及我。(参见笔记nos781,782。)
注释 232
(6月17日)利用Lefschetz定理(「母牛」)来证明谱序列退化的想法源于Blanchard,但他仅在严苛的(很少被满足的)假设——即由纤维的有理上同调(cohomologie)构成的局部系是平凡的——之下才得到退化定理。我了解Blanchard的工作,并且当然曾向Deligne提及过,他因此受到Blanchard思想的启发来构建自己的证明,尽管他并未阅读那篇文章。Serre对Blanchard证明的记忆比我更清晰,他向Deligne指出,他的证明实际上是对Blanchard证明的简单改编。这正是Deligne在其评注2.10中指出的。这条评注中,他引用了Serre,但行文方式却给人一种印象,仿佛他是在事后才得知Blanchard的思想,这完全不符合事实。因此,他的文章有两点主要来源被隐匿了:其一是动机算术的,它预示了对Blanchard结果的实质性加强,其二是证明思路来自Blanchard,他得以优雅地改编,从而获得一个Blanchard恐怕从未敢于期望的结果,也正因如此,他甚至不曾尝试用自己的方法去「获得」它。
注释 233
(5月26日)关于我身上的这种态度,参见紧随其后的笔记「攀登」(no63’)。 (6月8日)通过与某种属于他的独特**据为己有(appropriation)**他人思想的风格相对照——我在此看到了第一个典型实例——我进而意识到,我的朋友的动机绝非是要在一位声望卓著的「大师」面前保持「自主性」,而恰恰是要隐匿他人思想在他自身思想生成中的作用,同时等待时机将这些他人思想也一并占为己有(在第二步)。(关于此点,参见「魔术师」和「占有与轻蔑」两篇笔记,nos75”和59’。)关于我对这种倾向在我朋友身上不受阻碍地发展所应承担的责任,参见「攀登」和「含混」两篇笔记,以及「与众不同的人」(no63’,63”,67’),其中展现了我在面对那位才华横溢的年轻人Deligne时所表现出的某种迁就所起的作用。
注释 234
(1985年4月19日)关于「六年」和「十二年」的修正,参见第38页脚注(日期为1985年4月18日的部分),关于重量。
注释 235
(1985年4月19日)关于「六年」和「十二年」的修正,参见子注释「预发掘」,no168IV,关于动机(motifs)。
注释 236
关于这一事件参见笔记 no42。
注释 237
还有两三次,我曾在某个时刻观察到同一个人身上存在着这样的共存状态,包括在某些时刻我自己身上也是如此。
注释 238
如此高亢的抒情让我一度与平淡的现实失去了联系。如果我在这里把这种"印记"形容为"隐秘的",那是因为我自己也深陷于某种厚重之中,难以舍弃那些我依然珍爱的眼罩!在终于摆脱它们之后,我意识到这个所谓的"印记"其实是一种粗劣的障眼法,是我出于某种自满而不愿看见的——这一点我在1的笔记中清楚地意识到了。er六月,« 含混 »no63''至于"冲突对初始冲动的支配"之于我那年轻而才华横溢的朋友,我几乎将其当作一种可悲的命运来说,这可怜人仿佛是其中身不由己的受害者,同时不幸地失去了"伟大命运"的益处。然而他对其命运负有责任,正如我对我自己的命运负有责任一样。如果他在我离开之前就已选择了其导师的掘墓人角色(作为开始),如果环境(包括时代精神)有利于这一选择,让他尽情扮演了无所不用其极的大老板角色,那么他也选择了将声望和权力所能赋予的特权——包括(隐秘地)碾压和掠夺他人的特权——品尝殆尽。人不可能拥有一切,他因这一选择(他在其中不乏同道)而失去更微妙、更稀罕的事物的益处,这是事物的本性使然……(未注明日期的脚注,六月初。)
注释 239
(1984年9月)经核实,这一情况确实在所引著作的引言中有记载(第75页)。
注释 240
(5月28日)"自满"一词比略带闪躲意味的"松懈"一词更能表达我态度的本质。这种自满存在于我与我的年轻而才华横溢的朋友的关系中,在昨天的反思中更加清晰地显现出来,参见笔记« 与众不同的人 »,no67'。
注释 241
(6月5日)当我在这里说不适(在部分上)来自"孩子"时,这是一种对现实给出虚假图景的说法。并非对虚假情境的天真感知造成了某种不适。不适是一种抵抗针对这种感知的征兆,是某一层面上确实被感知到的现实(此处指一种虚假情境)与某种形象我所紧抓不放的现实形象(就当前情况而言,我正在变得"慷慨",而我岂能做得更少!),为了维护这个形象我排斥,我压抑着这不合时宜的感知。就这个具体案例而言,一旦我放弃抵抗,允许感知出现在有意识的目光领域中,"不适"便随之消失,虚假情境也随之消散。我本想加上"假设这涉及的是与我的当下相关的虚假情境,而非发生于过去的情境"。但转念一想,我意识到这些我刚才谈及的"过去的"虚假情境,一直作为这样的虚假情境存在于当下,直到今天,至少直到三天前的反思,仅仅因为它们从未被审视过,因而也从未被解决过。我始终受其囚禁,以至于一有机会就机械地重复同样的情境。我对自身冥想"能力"的认识(我在«欲望与冥想(Désir et méditation)»,no36)当时对我毫无帮助,因为我未能日复一日地关注自己所卷入的情境,以及感知与感知"筛选"的无尽游戏,这种孩子与老板的游戏让孩子噤声……
注释 242
"我的门生"这一表达,是昔日我的一名学生用来称呼当时我的一名刚在数学上做出漂亮成果的学生的,曾让我咬牙切齿。然而,我正在审视的这种含混情境,归根结底,建立了一种虚假的关系,其中两个主角之一确实充当着另一个人的"门生"角色。
注释 243
本条笔记源自« 本能与时尚——或强者法则 »的一条脚注(no48)——在那条脚注中,我曾断言Verdier关于导出范畴(catégories dérivées)的著作从未发表过,却没有意识到其论文的"状态0"已于1977年出版。关于Verdier与其本应是论文工作的理论相关的奇怪转变的全貌,参见笔记« 赊账论文与全险保障 »,no81。
注释 244
关于这个可疑人物的信息,参见笔记« 值班的陌生人和好上帝的定理 »(笔记 no48')。
注释 245
关于本卷,参见笔记« 白板 »,no67。
注释 246
(5月26日)关于我内心某种助长了这一"某物"的自满,参见笔记(比本条笔记晚两周)« 上升 »(no63')。
注释 247
在我定期与他来往于IHES(尤其是在我的讨论班上)的时期,Deligne与其他数学家的关系,尤其是与前来参加讨论班的年轻研究者(往往是新手)的关系,充满了友善。我在其中看到了与我们在数学单独交谈中同样的对他人思想的开放性——即使他人的表达笨拙甚至混乱。他拥有那种以他人的意象和语言追随他人思想的能力,这是我始终欠缺的,而且(在我看来)这使他比我远为适合充当"导师"的角色,善于激发他人身上某种志业和创造力的绽放。
注释 248
在所讨论的四项工作中,唯一没有直接受我影响的是关于猜想(conjecture)Ramanuyam,从Weil 猜想推导而来。它属于模形式(forme modulaire)这一研究方向——这构成了我数学修养中最严重的「空白」之一。另外三项工作是关于 Leray 谱序列(suite spectrale)的退化(dégénérescence)、关于Hodge-Deligne 理论以及模多重性(multiplicité modulaire)(与Mumford 合作),这些在笔记「驱逐」(L'éviction)(nno63)及子注释 nno631。
注释 249
(5月10日)事实上,另一个「非常明显」的迹象可追溯到1966年,参见第66页脚注,出自笔记 no82(第329页)。
注释 250
(5月28日)关于这第二次转折的新阐释,另见笔记「倒错」(La perversité),nno76。
注释 251
关于此话题,参见笔记「同谋」(Le compère)(nno63'),写于该笔记的前两天。 (6月5日)该笔记的思考在本笔记及随后三篇笔记(「白板」(La table rase)、「孤绝之存在」(L'être à part)、「绿灯」(Le feu vert)、「反转」(Le renversement))中得到延续,这些笔记揭示了「SGA 4 行动」$\frac{1}{2}$的含义及其与母研讨班 SGA 5「拆解」的关联。这一思考在「我的学生们」(Mes élèves)系列中再次被拾起,尤其是在「我的学生们(1)-(7)」序列中,逐渐揭示出那幅图景:我的上同调学者(cohomologiste)学生们学到手艺的研讨班遭受了一场真正的屠杀。在这整个行动中,流露出一种漫不经心的蔑视,而其中「含蓄的鄙夷」(dédain discret)(我在同一时期注意到它的出现),在我与朋友的关系中,只不过是一个极其苍白的映照。 大约一两周前,我还想到了另一个关联——关于我与朋友关系中这个「第一次转折」的时机,即 1977 年底或 1978 年间。正是在 1978 年,我的朋友获得了当之无愧的「勋章」(因其对Weil 猜想的证明)。这一新的头衔(与证明一个「难度尽人皆知的」猜想相关)如何被我的朋友内化,在悼词(Éloge Funèbre)(关于我这位已故之人的)及其对应篇(关于他自己的)中有着惊人的展现——尽管这两篇文本实际上是在五年后才在某个「重大场合」发表的。关于此话题,参见笔记「悼词(1)——或称恭维」(L'Éloge Funèbre (1) — ou les compliments),no104。
注释 252
参见笔记「绿灯」(Le feu vert)(nno68)中的一条脚注(4月28日),以阐明这一「谜团」。
注释 253
注释 254
(6月10日)在Lefschetz-Verdier 一般公式中,对于系数层(faisceau)与自身之间的上同调对应,其「局部项」(对应于不动点集的连通分支)由该公式的书写本身即无歧义地定义。这些局部项的「计算」问题仅在特定情况下才有精确意义,其中最简单的例子之一是Frobenius 态射(morphisme)的情形,此时它们简单地由在这些点的纤维上诱导的自同态(endomorphisme)的通常迹给出。该公式已在口头研讨班中作为一个远为更一般的公式的特例被完整证明。
注释 255
英文惯用语general non-sense(意指:有时令人厌烦但常常必要的泛泛之论),在「我那个时代」并不带有贬义,而是带点戏谑和善意的调侃。被通行的限定词general在此被「遗忘」,以便只说non-sense,这正意味着地道的法语中的「非-sens」(non-sens),暗示着胡扯、「屁话」的意思。
注释 256
(5月26日)然而请参见后天的笔记「反转」(Le renversement)(nno68'),我在此笔记中重新审视了这一印象,它被证明是草率的。在后续的思考中,逐渐揭示出一个大规模的「SGA 4$\frac{1}{2}$- SGA 5」行动,该行动主要「受益」于Deligne,并在我所有上同调学者学生的帮助或默许下进行。我所认为能够察觉到的「诚实」(依据刚刚引用的导言第7行声明),在此起着「幌子」的作用,旨在混淆视听,属于最纯粹的「撒谎!」(pouce!)风格。我的朋友自1968年起就使用了这一风格(见「罐装重量与十二年的秘密」(Poids en conserve et douze ans de secret)及「驱逐」(L'éviction),笔记 n笔记 nos49和63)。另见笔记「撒谎!」(Pouce!)和「中国皇帝的龙袍」(La robe de l'empereur de Chine),nnos77和77'。
注释 257
(6月10日)在写这篇笔记时,我才刚刚「着陆」,尚未感受到「SGA 4 行动」$\frac{1}{2}$的真实含义(及其与 SGA 5 的变迁的关联——对此我刚刚才有突如其来的预感)。此后我明白了,那个以 SGA 4 这一误导性名称出版的杂烩式文集$\frac{1}{2}$(见笔记「反转」(Le renversement),no68')绝非 SGA 4 和 SGA 5 研讨班(后者构成了我已发表数学著作的核心)的普及版(「不流眼泪」),而是代表了一种旨在取而代之的伎俩(把自己扮成有点含糊其辞的先驱者形象),并表现为平展上同调(cohomologie étale)的真正代表作,而这便归功于Deligne。关于这种冒名顶替行为的惊人表述(出自一支匿名的笔),在名为 SGA 4 的「试探性一击」六年之后,$\frac{1}{2}$请见「悼词(1)——或称恭维」(L'Éloge Funèbre (1) — ou les compliments)(笔记 no104)。
注释 258
还不算那些发表在 IHES《*数学出版物》(Publications mathématiques)*上的著作,所长 NicoKuiper 近十五年来一直好意地给我寄来这些出版物。
注释 259
本笔记源于前一篇笔记「白板」(La table rase)的一条脚注,是其补充,写于整整一个月之后。
注释 260
差不多同样的评论,也可以对我的其他每一个上同调学生作出——Verdier,Illusie,Berthelot,Jouanolou。关于这一点,参见笔记《团结》,以及其后的四篇笔记(笔记nos85至89)。
注释 261
(6月14日)这种刻意为之的言辞,在我最终决定谈论他的方式中表露无遗(仿佛这样做便违反了某种谨慎或谦逊的义务,面对那个乐于与我本人划清界限的人……)四个月前,在笔记《耶稣与十二使徒》中,no19。
注释 262
与5月10日的笔记《升天》(no63’)相比较,在那篇笔记中我首次察觉到,在我与我的朋友的关系中,存在这种自满的成分。Pierre。这种感知一直孤立而零碎,直到今天,在撰写本笔记《与众不同的人》的过程中经过反思才变得清晰。
注释 263
整个研讨班的整理工作,基于我为口头报告所做的详细笔记,对我来说不过只需要几个月的工作量。
注释 264
这与学生们似乎「有点不知所措」的印象有关,这写在笔记《教学的失败(2)——或创造与自负》中所引用的信里(no44’)。
注释 265
(5月26日)正是在我重新更多地「进入」SGA 5研讨班的状态之后,我才想起曾经有过的一种不安感。那是在我翻阅刚收到的已出版的研讨班样本时(应该是1977年,即其出版之年)。这种「肢解」感(当时仍以弥散的、未成形的形式存在)主要——也许完全——是由于缺少了引言和结语报告,尤其(我想)是由于对这种缺失的轻率宣布方式,仿佛这是理所当然的事——为什么还要费心把它们收录进来呢!我必定在某个层面上「感觉到了什么」,但我直到这个月(将近七年之后!)才费心让它浮现出来并加以审视,在笔记《大屠杀》以及随后两篇笔记《遗骸……》、《……与身体》中。
注释 266
(4月28日)这种支配地位的一个具体而有力的迹象是,SGA 5的出版最终只发生在Deligne认为合适,向Illusie示意让他积极处理——也就是说,恰恰在那个精确的时刻当他自己需要将其作为基础文本用于他的*摘要(digest)*SGA 4$\frac{1}{2}$,旨在取而代之。(关于这一点,参见由Illusie撰写的SGA 5引言末尾。)这阐明并赋予了如下声明全部意义(前天我还在笔记《彻底清除》中将其形容为「神秘」(笔记 no67)),即「SGA 4的存在$\frac{1}{2}$不久后将允许SGA 5原样出版」。这个「原样」是一种幽默,恐怕只有我(从前天起)才体会到,并充分领略其意味!(考虑到出版版本相对于原始研讨班所代表的「肢解」。)
注释 267
(5月26日)这正是倒数第二条脚注中所说的「某种东西」,它在过去几周的思考中终于浮出水面,尤其是从那一刻起(5月12日),我终于费心——自1977年出版以来第一次——更仔细地审视「一个辉煌的研讨班」在我那些上同调学生手中,经过十一年后所遭受的「屠杀版」变成了什么样子。
注释 268
(4月28日)也许「仅凭我一人之力」就足以实现我在1960年代末构想的宏大工作计划,但条件是我必须在随后的二三十年里成为这个计划的专属仆人。今天我很高兴没有走这条路——那条路本可能成为我的道路,而我现在清楚地看到了它的陷阱和危险。
注释 269
(5月28日)我直到5月12日的反思中,才决定全面审视这种「肢解」,在笔记(名字更恰当的)《大屠杀》(no87)中。
注释 270
(5月28日)在协调的框架内,参见我的报告Bourbakino49(1957年5月),§ 40。在笔记《好的参考文献》(no82)(5月8日)中,我发现这些思想,以及我在同一SGA 5研讨班中为与闭链相关联的同调类(homologie)(及许多其他内容)所发展的那些思想,已被J.-L.Verdier据为己有,对SGA 5研讨班的存在和我本人只字未提。这一操作发生在1976年,早于「SGA 4操作」一年$\frac{1}{2}$」(在我看来它与后者紧密关联),而且在1965/66年SGA 5母研讨班的所有前听众和参与者知情并目睹的情况下进行。
注释 271
(5月28日)而且正是在那里,他第一次听说了他在盗版卷SGA 4中如此精彩阐述的内容$\frac{1}{2}$!关于这一点,参见昨天的笔记《与众不同的人》(no67)。相较于他的朋友Verdier前一年的做法,以及他在其他场合自己所采用的做法,我的朋友在此却仍保持在公然剽窃的界限之内——因为他将我列为关于闭链的报告的作者(诚然,这带来了一个巧妙的结果:可以把我描述为他的合作者),而且他尚未装作完全无视我对平展上同调(cohomologie étale)理论、迹公式等等所做的贡献。然而,要看到在这条道路上决定性的进展,请参见笔记《悼词(1)——或恭维》(no104)。
注释 272
(5月28日)要更深入地理解SGA 4这种「暴力插入」——$\frac{1}{2}$插在一个整体中不可分割的SGA 4和SGA 5两部分之间,这两部分构成了我著作的核心——参见笔记《遗骸……》(no88)。
注释 273
(5月28日)这种表达,"模棱两可的性情",在此处显然是一种委婉语!
注释 274
况且,现在是借此机会感谢 LucIllusie 的时候了,感谢他以细致和忘我的精神,负责完成了某些陷入困境的讲义的定稿和"那套材料"的出版;这当然是在并不令人鼓舞的条件下进行的,而我的完全缺席肯定不是其中最不重要的一个! (5月26日)根据后续反思——在注释nos84à89中继续展开来看,而特别是在注释"大屠杀"(Le massacre)中,这些给予 Illusie 的感谢之辞呈现出一种巨大而未曾预料的喜剧色彩,这是我写这些文字时远未预料到的!诚然,我是违背着自己内心的抗拒写下这些话的,这种抗拒尤其表现在注释的"正文"中"遗忘"了(已计划好的)感谢词,以至于我不得不用一条脚注来"补救"。这种抗拒无疑源于一种不安,这种不安从我第一次手中拿着名为 SGA 5 的那一卷时就已感受到(而且我相信,在最近几周之前,我再也没有机会将它拿在手中),我在前一条注释"信号"(Le signal)的脚注(日期为今日5月26日)中提到了这种不安。这种疏忽很好地说明了,在沉思中,对当下自身所发生的事情保持警觉的关注(attention)是多么重要。缺乏这样的警觉,此处的反思便停留在沉思之下,停留在浅表层面——而对这种抗拒的关注本会引导我探究其根源,从而也更仔细地审视那个曾经美好的讨论班变成了什么样子(这是我在两周之后才做的事)。
注释 275
(4月28日)前面的提及唤起了其他一些回忆,它们表明这个著名的数字π比我先前以为记得的更让我着迷。我在一本书(也许是同一本)中找到的近似值 344/133 曾让我印象深刻——它如此精巧,以至于我很难相信它只是近似值!那时除了分数之外我不认识其他的数,我被那个表示它的既约分数的分子和分母可能具有的样子所吸引π——那必定是一些非常非凡的数!不用说,我在这些关于化圆为方的幼稚反思中并未走多远。
注释 276
(5月26日)我的朋友欣然赐复,最终驱散了最后一丝疑虑。他把我列为"合作者",确确实实是因为他撰写并收录在 SGA 4 中的 SGA 5 讲义$\frac{1}{2}$——而且他认为没有必要征求我是否同意这次转移,或是否同意列为"合作者",也不认为有必要寄给我一册我如此合作过的这卷书,因为"我已经七年不做数学了"。 (6月5日)我刚刚收到(迟到总比不来好!)一封(日期为5月30日的)来自Contou-Carrère 的回信,回复我4月14日的一封信,我在信中(出于良心)问他是否曾在我的书中见过一册 SGA 4$\frac{1}{2}$。似乎确实有过这样一册,Contou-Carrère 自己保留着(除非是他买的然后不记得了?)。另一方面,Deligne 的回答似乎确实证实了,他认为没有必要寄一册:"本来确实是寄一册 4 给你$\frac{1}{2}$的好主意;我当时大概认为你那时不会看到其中的意义"(5月15日的信)。
注释 277
我早期的关于分层结构(structures stratifiées)的拆卸(dévissage)理论的反思或许可以算作例外,我当时可能向Deligne 提及过,大约在1970年代初期。他对我在这方面期望抱以宽容的同情,有点像对一个大孩子的那种——那孩子对什么都深信不疑。(这是他与我交往中常有的态度,而且这些态度当然常常是有道理的!)我的朋友基于他所知的而我所不知的某些狂野现象(phénomènes de sauvagerie)而产生的怀疑,并没有说服我——相反,他向我指出的事实让我从那一刻起就怀疑,"拓扑空间(espaces topologiques)"这一通常用来"做拓扑学(topologie)"的语境,不足以灵活地表达(exprimer)某些我认为本质的拓扑直觉(intuitions topologiques),比如"管状邻域"(voisinage tubulaire)。在接下来的十年里,我几乎没有机会再回到这些反思上,大概渐渐淡忘了我的那些"怀疑",直到1981年12月至1982年1月间的反思——由"Teichmüller 塔"(tour de Teichmüller)的"拆卸"理论的需要所激发——才使它们重新成为现实(并从此成为一种内心确信)。Teichmüller 」。〈可就此比较*《一个纲领的草图》(Esquisse d'un programme)*,第5、6节。) (6月5日)另一个例外,我可以算上我对虚拟相对概型(schémas relatifs virtuels)和虚拟动机(motifs virtuels)(在一个一般基概形(schéma)之上)的反思,我记得曾向Deligne 讲述过。由于这些事与他决定埋葬(直到1982年才重见天日)的一种瑜伽(yoga)密切相关,他不曾对我向他解释的那些想法表现出兴趣也就不足为奇了——那些想法当然令我着迷。关于它们的一些提示,参见注释 no469。
注释 278
关于这一反思,参见《搅局的老板——或高压锅》(Le patron trouble-fête — ou la marmite à pression)(s. 43)。
注释 279
这是指 Lecture Notes 900 卷,参见注释《一个梦的回忆——或动机的诞生》(Souvenirs d'un rêve — ou la naissance des motifs)(no51)。
注释 280
(6月11日)多方印证使我确信情况确实如此。这个"第二次转折"发生在1981年下半年。
注释 281
我认为此处不妨免去读者一整页关于一般性冥想的思考,它们本是一种绕弯子的方式——标志着抗拒进入主题的核心。
注释 282
参见章节「旋转木马结束了!」,no41.
注释 283
(6月14日)这种「不快」首要源于,在我看来,一种放肆的印象,一种刻意蔑视某种纽带的印象——人们装作无视它、视其为无足轻重。当自己发现的想法或成果被他人重新发现时,情况则全然不同,这是常有之事。
注释 284
这条篇幅过长的脚注已成为一条独立注释,「颠倒」(no68')。
注释 285
然而我在5月9日及随后数日又回到这一点,参见注释nos84-89。
注释 286
(5月28日)此处应读作「我所知的事实」。就在两天后,全新的、完全出乎意料的事实将重新引发关于埋葬(Enterrement)的思考,并使我关于此事的笔记篇幅增至三倍。
注释 287
可以肯定的是,我当时遵循着「得体之道」,即无视这类有违严谨形象之事!(5月30日)关于这一纽带,参见注释「……与身体」,no89。
注释 288
如果,在某种情势的鼓励下,我的一名学生曾想要抹去在一项与我共同完成的工作中本属于我的角色——这件事发生在他早已不再处于学生地位之时。
注释 289
我写下这句话时颇有些犹豫,字斟句酌,深知人们会抓住它,当作某种愤世嫉俗的坦白——可怖的学阀终于摘下了面具!但我很清楚,我无法阻止那些想要淹死一条碍事的鱼的人,随他们去吧。这不会阻止我继续做自己要做的事:发现并说出那些显而易见的事情,包括上面写下的卑微真相——它只会让那些从未费心审视过自身的人感到惊讶。
注释 290
(5月28日)这种与我自身死亡的突然关联强烈地呈现出来。我曾想把它抛开,继而又想删掉这个不期而至的插入语——它出现在这里显得如此突兀。我克制住了,出于某种敬意。奇怪的是,第二天我得知,就在4月30日那个我继续思考的晚上,在我居住的市镇,一位朋友的(病重的)姐姐去世了。我当天第一次见到了Denise,在她的临终之榻上。第二天5月2日,我和我的朋友以及许多其他活着的男女一起,在一个美好的春日将她送往土中安葬……
注释 291
(5月28日)同一意义上参见5月14日的注释,「掘墓人——或整个团体」,no97。
注释 292
(5月28日)这是一种委婉说法,正如我后来无奈地发现的那样!关于此事参见昨天的注释「与众不同的存在」,no67'。
注释 293
(5月28日)这并非完全准确。两人都在其工作中本质性地使用了由我锻造的工具(outils),他们是在与我的接触中学会这些工具的。除此之外,Hodge-Deligne在其构成其博士论文的工作(「Théorie deHodge II」,Publications mathématiquesno40, 1972, p. 5-57)直接源于他从我这里学到的动机(motifs)瑜伽——「Hodge结构(structures de Hodge)混合(mixtes)」是对以下问题的「显而易见」的回答(在动机视角下同样「显而易见」):即如何以「"结构"的Hodge」术语(「在适当意义上」)来「翻译」复数域上未必半单的动机概念。除了出色完成的「翻译练习」之外,这项工作中当然有一些原创而深刻的思想是「不依赖于我个人的」。但同样清楚的是,Hodge-Deligne理论在目前就不会存在(很可能Deligne或我的其他任何一名学生的几乎所有工作也不会存在),如果他们不曾拥有我在数学中引入的思想和工具,并且在与我的接触中率先接触到它们。